Jijel : seule élève de son école, l’incroyable histoire de la petite Nihad
Insolite. Inimaginable. Et pourtant réel. Imaginez une élève de 5ᵉ année primaire, qui se retrouve seule en classe et dans tout l’établissement où elle est scolarisée. Des classes fantomatiques. Aucun camarade. Aucun directeur.
Sauf quelques enseignants qui se relaient au tableau pour lui donner ses cours. Non, ce n’est pas le scénario d’un film de science-fiction. C’est la réalité et ça passe chez nous, plus précisément à El Ancer, dans la wilaya de Jijel.
C’est une vidéo postée sur les réseaux sociaux qui a révélé cette histoire surprenante. Encadré par ses deux jeunes enfants : une fille et un garçon, un père de famille déroule le fil de son récit.
Jijel : une école, une seule élève
Il s’appelle Hamza Bousbaa et se tient à proximité de l’école primaire où est scolarisée, en solo, sa fille Nihad, en classe de 5ᵉ année. Il précise d’abord que l’école porte le nom de son grand-père Bousbie Embarek et exhibe une médaille qui a appartenu au Moudjahid. Ayant épuisé tous les recours possibles pour régler son problème, en vain, il adresse un message au wali de Jijel dans l’espoir d’être enfin entendu.
De quoi s’agit-il ? Ce père de famille s’est vu refuser le droit d’inscrire son fils en première année primaire. Raison invoquée par l’administration : l’établissement va fermer ses portes.
« Mr le wali, j’ai un problème avec le directeur de l’éducation de la wilaya de Jijel et le chef de la Daïra d’El Ancer. En allant inscrire mon fils Mohamed Zakaria, en âge d’être scolarisé, quelle fut ma surprise de m’entendre signifier qu’il n’existe pas de classe de primaire dans cet établissement. Je me suis alors rendu chez le président de l’APC d’El Ancer, qui m’a dit la même chose. »
Et de poursuivre, exaspéré : « Pourtant l’école Bousbie Embarek fait bien partie de la commune d’El Ancer que je sache ! ». Puis le père de famille souligne l’aspect incohérent et ubuesque de cette situation :« Sa sœur étudie dans cette école en classe de CM2 et on me dit qu’il n’y a pas de classe au CP ! ».
Allez les inscrire ailleurs !
Il reconnaît que les tractations durent depuis trois ans. La direction de l’éducation lui intime d’inscrire ses enfants dans une autre école pour procéder à la fermeture de l’établissement.
« L’école la plus proche se trouve à trois kilomètres de mon lieu de résidence et la route est complètement déserte. Je suis pris par mon travail et je n’ai pas le temps de faire la navette pour les conduire matin, midi et soir. Ils n’ont qu’à me donner un logement à proximité de cette école ! En plus, pourquoi avoir engagé des travaux de réhabilitation si c’était pour mettre la clef sous la porte ? Pourquoi jeter tout cet argent ? », fulmine-il.
Le torchon brûlait entre Hamza Bousbie et l’administration depuis quelque temps déjà. Pot de terre contre pot de fer. Le père de Nihad a refusé de changer d’école à sa fille dont c’est la dernière année avant d’entrer au collège. D’où la raison pour laquelle elle se retrouve seule en classe et dans tout l’établissement.
Une affaire d’adultes
Vêtue d’une blouse rose, la petite Nihad chemine tranquillement vers sa maison après une journée de cours. Elle affiche un sourire radieux et ne semble pas du tout perturbée par l’étrangeté de cette situation.
« Je travaille très bien et je veux devenir professeur de mathématiques plus tard », dit-elle. Une fillette seule dans tout un établissement scolaire. Un écolier qui ne trouve pas de place au primaire. Un père en colère qui revendique le droit de permettre à ses enfants d’étudier dans une école à proximité de leur maison : une situation de blocage qui gagnerait à connaître un heureux dénouement pour l’équilibre de ces deux enfants.
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- 657 words · 3 min read
- Published
- October 1, 2026
- Byline
- Kenza Adil
- Source
- TSA