
Dans une prise de position publiée à Dakar, Mary Teuw Niane appelle à restaurer la confiance, le dialogue et la fraternité, tout en défendant les institutions.
Alors que la méfiance a, selon lui, fragilisé les relations entre citoyens, le professeur Mary Teuw Niane appelle à restaurer la confiance, la fraternité et le dialogue.
Dans une prise de position datée du dimanche 30 août 2026 et publiée à Dakar, il décrit une période où les accusations se sont multipliées. Certains étaient qualifiés de « criminels », de « corrompus », de « traîtres » ou de « comploteurs », tandis que la suspicion et la calomnie prenaient une place centrale dans les rapports sociaux.
Mary Teuw Niane estime que la société s’est ainsi divisée entre des personnes se présentant comme les « gardiens du bien » et d’autres jugées coupables. Xibaaru rapporte également son avertissement contre toute volonté de s’approprier le monopole de la morale : nul ne peut en être le maître sans accepter d’abord d’en être le serviteur, écrit-il.
Les tensions récentes à l’Université Cheikh Anta Diop illustrent concrètement les conséquences de cette défiance et la nécessité de renouer le dialogue. Dans ce contexte, le recteur de l’UCAD s’est rendu auprès de la famille de l’étudiant Abdoulaye Ba pour lui présenter ses condoléances. Des concertations ont également été engagées autour de trois urgences : le sort des étudiants détenus, la réouverture du campus et la restauration des amicales.
Pour l’ancien responsable politique, la République doit s’appuyer sur les institutions, les règles, les contre-pouvoirs et le respect de la dignité de chaque citoyen. Elle ne peut, selon lui, être bâtie sur la peur, les anathèmes ou la pensée unique.
Il rappelle que la politique doit servir à « impulser et gouverner », sans se substituer à la justice, à la conscience, à la religion ou à la société. Une force politique qui franchit les limites de ses prérogatives risque, d’après son analyse, d’affaiblir la République au lieu de la protéger.
Mary Teuw Niane considère par ailleurs qu’une société ne se transforme pas durablement sous l’effet de certitudes imposées. Elle se construit à partir de son histoire, de sa mémoire, de ses croyances, de ses traditions, de ses blessures et de ses espérances.
Il observe toutefois le retour d’une parole plus libre. Des femmes et des hommes recommencent, selon lui, à échanger sans peur et à se rencontrer sans se définir d’abord par leur camp. Cette évolution permettrait de retrouver des gestes simples, comme un sourire, un rire ou une poignée de main.
Son appel à reconquérir le bonheur de vivre ensemble s’appuie sur les valeurs, les traditions, la foi, le savoir-vivre et l’attachement à la fraternité. Il affirme qu’une société ne se sauve pas en cultivant la haine, mais en réapprenant à se faire confiance.
Il souligne enfin que la paix ne suppose pas un accord sur toutes les questions. « Nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout pour vivre en paix », écrit-il, avant d’appeler les citoyens à se reconnaître comme frères en humanité.