Corée du Nord: Kim Jong Un remanie l'état major, le ministre de la Défense limogé
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a limogé son ministre de la Défense, No Kwang Chol, lors d'une vaste réorganisation de l'état-major militaire annoncée dimanche par l'agence officielle KCNA.
Ce remaniement intervient alors que Pyongyang, qui dispose de l'arme nucléaire, affiche de manière croissante ses ambitions en termes de capacités militaires, ainsi que sur fond de rapprochement avec la Russie.
M. No a également été exclu de la direction centrale du Parti des travailleurs au pouvoir au cours de cette réunion présidée samedi par le dirigeant Kim Jong Un.
Il est nommé premier vice-directeur du département des munitions, selon le média d'Etat.
Kim Son Gi, directeur du bureau de la politique générale de l'armée, le remplace comme ministre.
Le conseiller auprès du ministère Pak Jong Chon se voit, lui, attribuer le poste de vice-président de la Commission militaire centrale du Parti des travailleurs.
Om Ju Ho, commissaire politique de l'armée de l'air, et Yu Kwang U, directeur du bureau de la sécurité de l'armée, deviennent respectivement membre du Comité central du parti et de son bureau politique.
Par ailleurs, Kim Jong Un a félicité scientifiques, chercheurs et responsables lors d'une cérémonie, également samedi, pour les avancées réalisées dans les technologies de défense, leur accordant les honneurs de la nation, d'après un compte rendu séparé de KCNA.
Ceux-ci ont été distingués pour avoir contribué à "résoudre des problèmes scientifiques et techniques d'importance capitale dans le développement de nouveaux systèmes d'armement de combat", a ajouté l'agence, sans préciser.
- Appel du pied de Trump -
En juin, Kim Jong Un, qui s'affiche régulièrement lors d'événements censés prouver les nouvelles capacités de son armée, a supervisé le test de nouveaux lance-roquettes multiple et obus.
Cette réorganisation intervient un peu plus d'une semaine après la clôture des exercices conjoints annuels de la Corée du Sud et des Etats-Unis, que Pyongyang considère comme une répétition en vue d'une invasion.
Ces manoeuvres ont été considérablement réduites par le président américain Donald Trump, dans un appel du pied à Kim Jong Un, qu'il a déjà rencontré trois fois lors de son premier mandat.
Corée du Nord et Corée du Sud restent techniquement en guerre, car leur conflit de 1950-1953 s'est achevé par un armistice et non par un traité de paix.
La Corée du Nord a gravé en 2023 dans sa Constitution le caractère irréversible de son statut de puissance nucléaire, un principe proclamé un an plus tôt par Kim Jong Un, alors que le pays est sous le coup de lourdes sanctions internationales pour ses programmes d'armes atomiques et de missiles balistiques.
Pyongyang considère son arsenal nucléaire, estimé à quelques dizaines d'ogives, comme une assurance-vie contre toute tentative d'invasion ou de renversement de son régime. Une conviction renforcée par les interventions militaires menées ces derniers mois par les Etats-Unis contre l'Iran et le Venezuela.
La Corée du Nord s'est en outre considérablement rapprochée ces dernières années de la Russie. Moscou et Pyongyang ont conclu un accord de défense en 2024 et des milliers de soldats nord-coréens ont participé aux combats contre les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk en 2024-2025.
Selon des spécialistes, l'implication de Pyongyang dans ce conflit lui apporte des avantages économiques et militaires, ainsi qu'une expérience du champ de bataille.
💡 **Astuce :** Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur **GIF** pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.