
Une relation professionnelle fondée sur la confiance s’est finalement terminée devant le tribunal. Selon L’Observateur, F. Ndao, 33 ans, employée dans une boutique de transfert d’argent à Guédiawaye, a été reconnue coupable d’avoir prélevé pendant plusieurs années des fonds appartenant à son employeuse, F. Sy.
D’après le dossier, une partie importante de l’argent aurait été transférée, notamment via Wave, à T. Baldé, l’homme qui allait devenir son mari quelques mois avant leur arrestation. F. Sy affirme avoir longtemps accordé une confiance totale à son employée, qui travaillait à ses côtés depuis environ trois ans. Leur relation dépassait même, selon les témoignages livrés à la barre, le simple cadre professionnel. L’employeuse raconte que les parents de
F. Ndao
lui avaient proposé d’être sa marraine lors de son mariage. Mais elle ignorait que son employée avait finalement épousé T. Baldé jusqu’à l’arrestation du couple.
Au cœur de l’affaire se trouve un important circuit financier. F. Ndao reconnaît avoir transféré de l’argent à T. Baldé pendant près de trois ans, pour un montant qu’elle évalue à environ 14 millions de FCFA. Le dossier judiciaire retient toutefois un préjudice de 18 millions de FCFA, tandis que la partie civile évoque un déficit plus important. F. Sy affirme avoir découvert, lors d’une absence pour raisons de santé, un trou de 20,260 millions de FCFA dans les opérations de transfert d’argent. Confrontée aux soupçons, F. Ndao aurait reconnu plusieurs utilisations des fonds. Elle affirme notamment avoir remis 7 millions de FCFA à une personne censée faire voyager sa sœur aux États-Unis et 4 millions de FCFA à un client sous forme de prêt. Elle évoque également des escroqueries dont elle aurait été victime ainsi que des prêts qui auraient mal tourné pour expliquer une partie du déficit. De son côté, T. Baldé, mécanicien de 39 ans, reconnaît avoir reçu de l’argent de son épouse tout en sachant que les fonds ne lui appartenaient pas. Il conteste cependant le montant retenu. Il affirme avoir investi une partie des sommes dans ses activités et avoir lui-même rencontré des difficultés pour récupérer de l’argent remis à certaines personnes. Un élément particulièrement troublant ressort du dossier : les transferts d’argent auraient commencé avant même le mariage du couple. Pour les avocats de F. Sy, il s’agit d’une véritable trahison de la confiance accordée à l’employée. La partie civile réclame réparation pour les sommes qu’elle estime avoir été détournées et rappelle que F. Ndao avait signé une reconnaissance de dette portant sur 18 millions de FCFA.
La défense a contesté certaines qualifications retenues initialement et estimait notamment que les faits relevaient davantage de l’abus de confiance que du vol. Dans une tentative d’apaisement, elle a remis 3,5 millions de FCFA à la partie civile. T. Baldé a également promis de vendre un verger et un véhicule afin de participer au remboursement, tandis que F. Ndao s’est engagée à solder la dette. Au terme des débats, le tribunal a finalement reconnu F. Ndao coupable d’abus de confiance et T. Baldé de complicité d’abus de confiance. Les deux époux ont été condamnés à six mois de prison ferme et au paiement solidaire de 20 millions de FCFA de dommages et intérêts à leur victime.
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