Sommet de l’ONU : L’Algérie au cœur du ballet diplomatique
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New York est devenue, depuis ce mardi, la capitale mondiale de la diplomatie. La semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies réunit près de 130 chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que de nombreuses délégations de haut rang. Mandaté par le président Abdelmadjid Tebboune pour représenter l’Algérie à ce sommet, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, y défend les positions diplomatiques d’Alger, basées sur les principes du non-alignement, de la décolonisation et du respect du droit international.
Le choix du thème de cette 81e session, « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous », résonne ainsi avec les grandes problématiques qui traversent le système international. La présidence de l’Assemblée générale est assurée cette année par le ministre bangladais des Affaires étrangères, Khalilur Rahman.
Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de représenter l’Algérie à cette échéance diplomatique hautement stratégique, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, avait déjà entamé, dès dimanche, une série de rencontres à New York.
Cette 81e session s’ouvre sur une toile de fond particulièrement chargée, dans un contexte international caractérisé par l’accumulation des crises, les tensions géopolitiques et les interrogations sur l’avenir du multilatéralisme.
Les travaux du débat général se poursuivront jusqu’au 28 septembre, avec une interruption le 27 septembre. La guerre au Moyen-Orient, la question palestinienne, la situation catastrophique dans la bande de Gaza, les tensions autour de l’Iran et de la Libye, la guerre en Ukraine, les dérèglements climatiques, les enjeux sanitaires et la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) figurent parmi les grands sujets qui traversent les interventions des dirigeants. L’ONU a, d’ailleurs, inscrit de nombreuses réunions de haut niveau consacrées notamment au climat, à l’élévation du niveau des mers, à la prévention des pandémies, à l’IA et aux questions de développement.
Le contexte est d’autant plus particulier que cette session correspond à la dernière semaine de haut niveau d’António Guterres en tant que secrétaire général de l’ONU. Son mandat prendra fin le 31 décembre 2026. A la tribune, António Guterres a dénoncé le manque d’efficacité et de légitimité de l’actuel modèle de gouvernance hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale.
António Guterres a, à ce titre, alerté sur « le spectre d’un nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée du fait des actions menées par l’entité sioniste. Le chef de l’ONU a fermement exigé que toutes les parties se conforment au droit international ainsi qu’aux décisions de la Cour internationale de justice (CIJ). Cette mise en garde sur le « spectre d’un nettoyage ethnique » a bien été rapportée lors de l’ouverture de la semaine de haut niveau.
Au demeurant, l’ONU elle-même décrit la semaine de haut niveau comme un moment où les interventions à la tribune sont accompagnées d’une intense activité diplomatique parallèle. C’est dans cet entre-deux que se déploie l’activité d’Ahmed Attaf. Après un entretien avec le secrétaire général de la Ligue arabe, le ministre d’Etat a multiplié les contacts avec des responsables africains, arabes et onusiens. Sa rencontre avec Khalilur Rahman a notamment permis d’échanger sur les principaux dossiers du Sud global, alors que son entretien avec Jean-Pierre Lacroix a porté sur les questions liées aux opérations de paix des Nations unies, notamment la détérioration de la situation sécuritaire dans la zone sahélo-saharienne.
Attaf multiplie les contacts à New York
A noter qu’Ahmed Attaf avait rencontré le ministre libyen chargé de la conduite du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Taher El-Baour, en présence du représentant permanent de la Libye auprès de l’ONU, Taher Al-Sunni.
La séquence libyenne donne, dans ce ballet diplomatique, une résonance particulière à la présence algérienne. La discussion entre Alger et Tripoli à New York s’est, de ce point de vue, inscrite dans une approche plus large, articulant stabilité libyenne, sécurité régionale dans la région sahélo-saharienne et coordination africaine. L’Algérie défend ainsi la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye ainsi qu’un règlement politique de la crise.
Par ailleurs, la Palestine, le Sahara occidental et la réforme de l’ONU constituent précisément la « triade » doctrinale de la diplomatie algérienne. Fidèle à la Charte des Nations unies, l’Algérie rejette toute ingérence, que ce soit au Sahel, en Libye ou ailleurs.
Pour la Libye, New York revêt, par ailleurs, une importance particulière cette année. Tripoli a officiellement lancé, le 17 septembre, sa campagne pour obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2028/2029. La cérémonie, organisée au siège de l’ONU, avait réuni des ambassadeurs et représentants de plus de 140 Etats membres, donnant à la candidature libyenne une première visibilité internationale avant l’élection prévue en juin 2027.
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- 806 words · 4 min read
- Published
- September 22, 2026
- Byline
- Mounia Boudj
- Source
- Le Jeune Indépendant