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Dans le nord de la Tanzanie, des guerriers Masaï ont troqué leurs lances pour des smartphones. Grâce à l'association African People and Wildlife, de nouvelles générations de villageois sont entraînées à anticiper les risques de conflit entre faune sauvage et humains et à mieux les gérer en cas d’incident. Résultat : les populations mieux informées vivent désormais en harmonie avec leurs voisins sauvages à quatre pattes.
Le pas est léger et la concentration à son maximum. Dans le village de Mswakini, situé en plein passage d'animaux sauvages vers le parc national du Tarangire célèbre pour ses safaris, les wildlife warriors (« guerriers de la faune sauvage ») patrouillent. Parmi eux, il y a Lomayani. « Là, vous voyez, c'est une empreinte d'éléphant », montre-t-il.
Chaque matin et soir, Lomayani et son collègue patrouillent pendant deux heures autour du village. Leur rôle : prévenir les habitants s'ils voient des signes qu'un prédateur est dans les parages. Une méthode d'anticipation bien différente du passé, comme l'explique Ezekiel Moolel, en charge du programme de coexistence entre l'homme et la faune sauvage à l'ONG African People and Wildlife : « Avant, on voyait les animaux sauvages comme des ennemis parce qu'on savait qu'ils allaient manger nos bêtes. Donc, on les combattait avec nos lances ou avec du poison. En un mois, on pouvait tuer jusqu'à trois ou quatre lions. »
Désormais, les patrouilleurs n'ont plus de lances mais simplement leur bâton et leur petite machette, équipement traditionnel des Masaï qu'ils utilisent pour faire fuir les bêtes sauvages s'ils en voient. Autre accessoire désormais indispensable : un smartphone. Démonstration avec Loother, guerrier Maasaï : « Quand je patrouille, si je trouve une empreinte de lion comme celle-ci, je m'arrête et j'ouvre l'application. Ça me demande la date, le lieu, s'il s'agit d'un lion... Je dois choisir si j'ai entendu un rugissement, s'il s'agit d'une empreinte ou encore d'excréments. »
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Au total, il y a une quinzaine de questions créées par l'ONG African People and Wildlife. L'objectif est de mêler communautés locales et technologie, comme l'explique Neovitus Sianga, responsable de la conservation et de l'environnement à l'association : « Dès le début, nous avons consulté les guerriers et les aînés. C'est très utile pour organiser le programme. Ce que vous voyez sur cet écran montre où ont lieu les conflits avec la faune sauvage, quels sont les principaux prédateurs responsables. Toutes ces informations nous permettent de savoir dans quoi investir notre argent exactement. »
Entre 2019 et 2025, les attaques liées au bétail ont baissé de 38% dans le village de Mswakini, une amélioration en partie liée au travail des Masaï. Les conflits entre humains et faune sauvage restent malgré tout encore fréquents en Tanzanie. Selon le gouvernement, entre 2021 et 2024, plus de 8 000 incidents ont été enregistrés à travers le pays.
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