Scandale FCC-Mamy-Karl-Rs 350 M] L’après-escale de Paris : L’enquête dans l’impasse ?
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Une version a circulé dans le domaine public : David Thomas, collaborateur du milliardaire malgache Mamy Ravatomanga, n’aurait aucune connaissance de la conversation durant laquelle Karl Élysée, jusqu’à récemment proche conseiller du Premier ministre Navin Ramgoolam, lui aurait réclamé un dessous-de-table de Rs 350 millions. Présentée comme un démenti, cette version avait de quoi désamorcer l’affaire. Hors, selon nos informations, lors de son audition à la Financial Crimes Commission (FCC), David Thomas n’a pas nié cette conversation.
Il a refusé de répondre aux questions qui la concernaient. Entre le démenti que l’on apparenterait à faire circuler et le silence réellement opposé aux enquêteurs, il y a un écart que rien n’explique, sinon la volonté de faire passer une abstention pour une dénégation. Cet écart compte, parce qu’il touche à la crédibilité du dossier.
L’affaire repose sur un enregistrement remis à la FCC en septembre dernier par l’activiste travailliste Nasser Bheeky, censé documenter la conversation entre Karl Élysée et David Thomas. Faire accroire que l’un des deux interlocuteurs présumés dément l’existence même de cet échange reviendrait à vider la pièce de sa substance.
Il convient néanmoins de préciser ce que les opérations récentes ont permis d’établir, et ce qu’elles n’ont pas permis d’établir. L’escale parisienne des enquêteurs de la FCC, où le détenteur du support l’a remis aux officiers mauriciens à l’ambassade, visait à sécuriser la chaîne de possession du fichier : établir, de façon traçable, comment il a été conservé et transmis. C’est une démarche standard et nécessaire. Mais elle ne porte que sur l’intégrité et la traçabilité du support : elle ne dit rien de son authenticité. Un fichier peut être parfaitement intègre, non modifié depuis sa création, et être pourtant, à l’origine, un montage. La question de savoir si la conversation a réellement eu lieu, et si les voix sont bien celles qu’on y reconnaît, reste entière.
Ce n’est donc pas pour demain que Karl Élysée sera inquiété par la FCC. Au Réduit Triangle, il restera à savoir quels autres éléments de l’affidavit de Nasser Bheeky seront retenus, et selon quel critère : ce dossier a déjà conduit à des inculpations provisoires visant notamment Nasser Bheeky, David Thomas, Mamy Ravatomanga et l’ancien commissaire de la FCC.
Par ailleurs, le 20 octobre dernier à l’Assemblée nationale, à une question du député Joe Lesjongard sur l’état de l’enquête, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a livré une réponse brève. Il a confirmé plusieurs étapes : l’ouverture de l’enquête le 11 septembre, au lendemain du dépôt par Nasser Bheeky d’un affidavit et d’une copie de la bande ; l’enregistrement, le 14 septembre, de la plainte formelle et de la déclaration de David Thomas ; le déplacement de deux enquêteurs en France, le 19 septembre, pour rencontrer le témoin détenant l’enregistrement original daté du 23 octobre 2025. Mais sur deux points, le chef du gouvernement n’a rien dit : aucune mention de l’interrogatoire de Karl Élysée du 9 octobre.
Pressé de dire pourquoi la bande, dont les enquêteurs sont rentrés de France depuis le 25 septembre, n’avait toujours pas été soumise à expertise, Navin Ramgoolam a répondu : « I cannot say, Madam Speaker. It is for them to do the investigation. I did not ask them. »
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- Published
- October 29, 2026
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- IONNEWS