La rentrée scolaire est prévue en Guinée le 5 octobre prochain sur toute l’étendue du territoire national. Cependant, le système éducatif souffre d’un manque criard d’enseignants dans plusieurs établissements scolaires. Depuis plusieurs années, les enseignants contractuels non retenus se battent pour leur intégration à la fonction publique. À quelques semaines de la rentrée des classes, le Syndicat national de l’éducation (SNE) annonce que les enseignants contractuels communaux non retenus, ainsi que ceux de la zone spéciale de Conakry, doivent être prioritaires, conformément au protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. Michel Pépé Balamou demande ainsi à l’État de respecter ses engagements afin de trouver une solution à la situation de ces enseignants avant la rentrée scolaire 2026-2027.
Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce mercredi, 9 septembre 2026, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, s’est prononcé sur la situation des 4 500 enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation pratique en classe, ainsi que sur celle des enseignants de la zone spéciale de Conakry. Selon le syndicaliste, leur situation est au centre des préoccupations de l’intersyndicale de l’éducation, d’autant plus que celle-ci est signataire du protocole d’accord conclu le samedi 3 janvier 2026.
« La situation des 4 500 enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation pratique en classe se trouve au centre des préoccupations de l’intersyndicale de l’éducation, d’autant plus que nous sommes signataires du protocole d’accord en date du samedi 3 janvier 2026. Ce protocole d’accord, en son point 7, porte sur l’engagement concernant les enseignants contractuels non retenus ainsi que ceux de la zone spéciale de Conakry. Une résolution consensuelle a été adoptée. Elle prévoit clairement que les parties conviennent de la mise en place d’une commission composée de représentants des ministères en charge de la Fonction publique et de l’Enseignement préuniversitaire, à l’époque, ainsi que de représentants de l’intersyndicale de l’éducation, de la FSPE, du SLECG et du SNE. Cette commission devait être chargée d’examiner les listes des contractuels ayant effectué la biométrie et participé aux évaluations pratiques en classe. Le principe qui avait été retenu était que les DPE et les DCE puissent faire remonter ces listes afin qu’elles soient examinées par une commission qui devait être mise en place pour une période de deux mois, renouvelable. Cette commission a été mise en place et a travaillé. Nous sommes actuellement à la phase d’élaboration de son rapport », a-t-il déclaré.
Concernant le recrutement annoncé de 8 000 enseignants à la fonction publique, Michel Pépé Balamou ne s’y oppose pas, mais toutefois, il demande au gouvernement au respect de ses engagements, librement consentis et consignés dans le protocole d’accord en date du samedi 3 janvier 2026.
« En tant que syndicat soucieux de l’amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages, nous ne trouvons aucune objection à la décision du gouvernement de recruter 8 000 enseignants. Toutefois, nous l’invitons au respect de ses engagements, librement consentis et consignés dans le protocole d’accord en date du samedi 3 janvier 2026. Le point 7 de ce protocole indique clairement que la situation des enseignants ayant obtenu la moyenne à l’évaluation pratique en classe sera prise en priorité lors du prochain recrutement. C’est ce qui a été convenu. Il a également été prévu que la situation des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry sera prise en compte à travers l’organisation d’un prochain concours pratique en classe. Ces enseignants doivent donc se préparer à participer à ce concours, au cours duquel ils seront prioritaires pour l’engagement. Ce sont donc les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry qui doivent être soumis à ce concours pratique en classe et bénéficier, par la suite, d’une priorité lors du recrutement », a-t-il souligné.
Selon Michel Pépé Balamou, le syndicat est une force sociale de veille, d’alerte, d’interpellation, de proposition, mais aussi de construction. C’est pourquoi il réaffirme sa volonté de privilégier le dialogue social avec le gouvernement afin d’éviter toute tension dans le système éducatif guinéen.
« Maintenant, les 4 500 enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation en pratique de classe, mais qui ont obtenu la moyenne à cette évaluation, seront mis en priorité lors du prochain engagement. Donc je pense que là, il n’y a pas d’ambiguïté, c’est clair. Le gouvernement a librement consenti, et nous l’invitons au respect de ses engagements. Nous sommes une force sociale de veille, d’alerte, d’interpellation, de proposition, mais aussi de construction. Nous sommes des partenaires du gouvernement dans le cadre de l’amélioration de l’accès à l’éducation et de la qualité des enseignements et des apprentissages, mais aussi, et surtout, dans la défense des intérêts matériels et moraux. Nous voulons, avec le gouvernement, ériger le dialogue social en mode de gouvernance et de stabilisation des relations de travail, parce qu’on est à trois semaines de la rentrée scolaire 2026-2027 », a-t-il dit.
Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, met un accent particulier sur le dialogue pour résoudre le différend autour de l’application du protocole d’accord signé avec le gouvernement. Toutefois, si les démarches en cours n’aboutissent pas, le syndicat entend consulter sa base militante et envisager des actions légales.
« À date, nous sommes en train d’épuiser toutes les pistes de résolution pacifique de cette mauvaise interprétation du protocole d’accord. Nous avons déjà adressé des correspondances à certains ministres. Nous avons également des rendez-vous à certains endroits pour essayer de dénouer la crise et éviter la survenue d’une nouvelle crise à l’heure de la rentrée scolaire 2026-2027. Lorsque nous aurons fini d’épuiser toutes ces voies de recours possibles, nous allons obligatoirement nous référer à la base militante. Puisqu’en matière syndicale, les bureaux exécutifs ne sont pas le centre de prise de décision, mais plutôt les organes chargés de l’exécution des décisions prises par la base. Il reviendra donc à la base militante, après un compte rendu fait de façon transparente, de prendre la décision qui s’imposera de droit. À ce moment-là, nous allons utiliser tous les moyens légaux à notre disposition pour obtenir l’application intégrale de tous les points inscrits dans le protocole d’accord conclu entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, en date du samedi 3 janvier 2026 », a-t-il souligné.
Face au manque d’enseignants dans les établissements scolaires, le recrutement annoncé de 8 000 enseignants est salué par le Syndicat national de l’éducation. Toutefois, Michel Pépé Balamou estime que les besoins du système éducatif guinéen sont bien plus importants.
« Le système éducatif guinéen a besoin d’enseignants. Au-delà même des 8 000 annoncés, il faudrait en recruter jusqu’à 20 000. Il y a des enseignants qui partent à la retraite et plus de 8 000 à 10 000 enseignants n’ont jamais été remplacés. Chaque année, ce sont des milliers d’enseignants qui partent à la retraite. Donc si le gouvernement recrute 8 000 enseignants, nous pensons que c’est une très bonne chose. Cela va contribuer à améliorer la qualité de l’enseignement et des apprentissages, mais aussi à améliorer les résultats scolaires, notamment les résultats de fin d’année, des compositions et des examens nationaux. Nous pensons que ce recrutement n’est pas mauvais en soi », a-t-il dit.
Moussa Konaté pour Guineematin.com
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