Simandou : au cœur des opérations minières des blocs 3 et 4, Rio Tinto SimFer dévoile les mécanismes de l’exploitation
Le projet minier de Simandou, dans ses composantes relatives aux blocs 3 et 4, franchit une étape décisive avec l’entrée dans la phase d’exploitation. Après plusieurs années de recherches géologiques, d’études techniques et de travaux de construction, le projet amorce désormais une nouvelle dynamique, marquée par le démarrage des opérations minières et la mise en place progressive de toute la chaîne de production. C’est dans ce contexte qu’une visite guidée a été organisée du mercredi 28 au jeudi 29 octobre 2026 sur les installations de Rio Tinto SimFer, dans la préfecture de Beyla. Cette immersion sur le terrain a permis aux visiteurs de découvrir les différentes composantes opérationnelles du projet, de mieux comprendre l’organisation des activités minières ainsi que les procédés techniques mis en œuvre, depuis l’extraction du minerai jusqu’à son acheminement vers les trains destinés à son transport, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.
À travers les explications fournies par les responsables des différentes structures techniques, plusieurs aspects essentiels du fonctionnement du site ont été présentés, notamment les opérations de traitement, de concassage, de criblage et de constitution des stocks de minerai. Une occasion également de revenir sur les différentes étapes qui ont conduit à la mise en exploitation de ce gisement exceptionnel.
Le traitement et la préparation du minerai avant son acheminement constituent des maillons essentiels de la chaîne de production. Sur le terrain, Georges Guilavogui, ingénieur des mines et directeur adjoint du projet au sein du GPC, a expliqué les différentes opérations réalisées pour répondre aux exigences granulométriques des clients et assurer le chargement des trains. Il a en outre, détaillé le circuit du minerai, depuis les stocks constitués à proximité de la mine jusqu’aux aires de chargement ferroviaire.
Georges Guilavogui, ingénieur des mines et directeur adjoint du projet au sein du GPC
« Je suis arrivé sur ce projet en février 2025, dans le cadre de la coordination des activités du GPC, notamment pour accompagner les premières opérations sur le terrain. Au sein du GPC, j’occupe le poste de directeur adjoint du projet. À ce titre, notre mission consiste à apporter notre appui au démarrage des premières activités d’exploitation minière. Le processus que nous mettons en œuvre consiste à récupérer le minerai à partir des stocks situés dans des zones appelées IOS, puis à l’acheminer vers les installations de traitement, notamment au niveau du COS. Sur ces différentes installations, nous disposons également de procédés spécifiques. Au niveau de l’EOS, par exemple, nous utilisons des équipements appelés scalpers, qui permettent de trier le minerai. Cette opération de tri, également appelée criblage, consiste à séparer les différentes catégories de produits afin d’obtenir la granulométrie souhaitée par le client. Après cette étape, les produits obtenus sont acheminés vers les zones de stockage, avant d’être transportés jusqu’aux aires de chargement des trains. Nous récupérons également du minerai brut, extrait de la mine par Mota et entreposé dans les stocks IOS. Ce minerai est ensuite acheminé vers nos installations pour être traité à l’aide de concasseurs mobiles. Une fois concassé, il est stocké avant d’être, à son tour, transporté vers les aires de chargement ferroviaire. Ces différentes aires de stockage et de chargement sont réparties en six zones. Actuellement, en fonction des exigences du client, nous disposons de deux principales catégories de produits, définies selon leur granulométrie. Le premier type correspond au minerai de 125 millimètres et le second au minerai de moins de 40 millimètres. Nous procédons donc au chargement de ces deux catégories de produits en fonction des besoins et des spécifications formulés par nos clients», a-t-il expliqué.
Au-delà des opérations de traitement et de préparation du minerai, la qualité exceptionnelle du gisement de Simandou repose sur un long processus géologique naturel, mais également sur plusieurs décennies de recherches et d’investigations scientifiques. Sur cet aspect, Zézé Kalivogui, surintendant de la géologie minière et diplômé de l’Institut supérieur des mines et géologie de Boké, a apporté des éclairages sur les caractéristiques du gisement ainsi que sur l’historique des travaux d’exploration menés par Rio Tinto depuis l’acquisition du permis. Il a notamment expliqué le phénomène naturel à l’origine de la concentration du minerai de fer et l’ampleur des recherches réalisées pour mieux connaître les ressources minières du massif.
Zézé Kalivogui, surintendant de la géologie minière à Rio Tinto Simfer
« Simandou est un gisement de classe mondiale. Le processus qui a contribué à la formation de ce gisement exceptionnel est un phénomène naturel appelé enrichissement supergène. Au cours de millions d’années, l’altération météorique, associée à la circulation des eaux souterraines, a provoqué le lessivage des formations géologiques primaires qui étaient initialement des formations ferrifères. Ce processus naturel a permis d’éliminer certaines impuretés, notamment la silice et l’aluminium, contribuant ainsi à la formation de ce gisement exceptionnel que nos visiteurs ont aujourd’hui l’occasion de découvrir et dont l’exploitation est désormais engagée. S’agissant de l’historique des travaux réalisés sur le projet Simandou, Rio Tinto a acquis le permis en 1997. Depuis cette date, d’importantes activités de recherche géologique ont été menées. Celles-ci ont commencé par des travaux de cartographie détaillée sur l’ensemble de la chaîne, qui s’étend sur environ 110 kilomètres. À ces travaux se sont ajoutées des levées géophysiques ainsi que d’intenses campagnes de forage. À ce jour, la longueur cumulée des forages réalisés est estimée à plus de 400 kilomètres. Pour vous donner une idée de l’ampleur de ces investigations, si l’on mettait bout à bout tous les forages effectués dans le cadre de la définition du gisement, on pourrait pratiquement relier les deux extrémités de la Guinée, d’est en ouest. Le forage d’exploration consiste à utiliser des machines spécialisées pour prélever des échantillons de roches en profondeur. À l’image des forages d’eau réalisés à Conakry, il s’agit ici d’opérations techniques, mais avec un objectif différent : étudier les caractéristiques du sous-sol et déterminer la qualité du minerai. Les échantillons sont prélevés à intervalles réguliers, notamment tous les deux mètres, puis soumis à des analyses approfondies. Chacun d’entre eux fait l’objet d’études détaillées permettant de mieux caractériser le gisement et d’évaluer son potentiel. C’est tout le travail qui a été réalisé dans le cadre des campagnes de forage et d’exploration », a dit le jeune ingénieur.
Cette étape historique de l’exploitation de Simandou constitue également une opportunité de valorisation des compétences nationales et de transfert d’expertise dans le secteur minier. Pour les cadres guinéens qui participent directement à la réalisation de ce projet d’envergure internationale, cette expérience représente à la fois une fierté professionnelle et une contribution au développement économique du pays.
C’est dans cet esprit que Zézé Kalivogui a également partagé son parcours professionnel, notamment son expérience au sein de l’industrie minière et son séjour de perfectionnement en Australie auprès de Rio Tinto. Il a exprimé sa satisfaction de prendre part à cette aventure industrielle tout en soulignant l’importance de la vision de décarbonisation portée par le groupe.
« J’ai environ 15 ans d’expérience dans l’industrie minière et j’ai eu le privilège d’effectuer un détachement d’une année auprès de Rio Tinto en Australie. Cette expérience m’a véritablement permis d’acquérir de nouvelles compétences, notamment en matière de pratiques et de standards internationaux dans l’industrie minière. Je suis donc particulièrement heureux d’avoir bénéficié de cette opportunité. Pour nous, en tant que cadres nationaux, c’est une immense fierté de participer à un projet d’une telle envergure. Personnellement, je considère cette expérience comme une occasion unique d’apporter ma modeste contribution au développement de mon pays. Participer à l’exploitation de Simandou, c’est aussi prendre part concrètement à la construction de l’avenir économique de la Guinée. Au-delà de cette contribution nationale, il s’agit également pour nous d’accompagner la vision de Rio Tinto, qui ambitionne de contribuer à la décarbonisation de l’industrie minière à travers ce gisement », a-t-il indiqué.
De la formation naturelle du gisement aux campagnes de recherche géologique, en passant par l’extraction, le concassage, le criblage et le chargement du minerai, chaque étape s’inscrit dans une chaîne d’opérations nécessitant une expertise technique et une coordination rigoureuse.
Avec l’entrée en exploitation des blocs 3 et 4, Rio Tinto SimFer ouvre ainsi un nouveau chapitre dans la mise en valeur de l’un des plus importants gisements de minerai de fer au monde. Un projet stratégique pour la Guinée, qui suscite également des attentes considérables en matière de développement des compétences locales, de retombées économiques et de transformation du secteur minier national.
Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com
Tél : (+224) 622919225
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- 1,424 words · 7 min read
- Published
- October 29, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com