Éducation : les enseignants contractuels de Conakry dénoncent leur exclusion du recrutement à la Fonction publique
Les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry réclament leur intégration à la fonction publique, 72 heures après la publication des résultats du concours de recrutement des enseignants organisé par le gouvernement. Selon ces enseignants, ils n’ont pas été pris en compte dans ce processus de recrutement. Ils estiment que le protocole d’accord signé entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation prévoyait qu’ils soient prioritaires lors du recrutement. Un engagement qui, selon eux, n’a pas été respecté. Ils demandent ainsi leur intégration à la Fonction publique. Ils ont exprimé cette revendication dans une déclaration faite dans l’après-midi de ce mardi, 27 octobre 2026, au siège du SLECG, à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Ils sont au nombre de 2 000. Les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry réclament le respect du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation. Réunis au siège du SLECG ce mardi, ils ont dénoncé leur exclusion du récent recrutement dans la Fonction publique.
Au nom de ses collègues, Mohamed Saoud Sylla, demande leur évaluation pratique de classe et leur intégration dans la Fonction publique.
Mohamed Saoud Sylla, porte-parole des enseignants contractuels de la zone de Conakry
« La situation des enseignants contractuels de Conakry n’a pas été prise en compte. Jusqu’à présent, ils attendent leur évaluation pratique de classe, conformément au protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre l’intersyndicale de l’éducation et le gouvernement. À ce jour, les engagements pris concernant les enseignants contractuels de Conakry n’ont pas été respectés. Il avait été convenu qu’ils seraient évalués en pratique de classe et qu’ils seraient prioritaires lors de leur engagement à la fonction publique. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. Vous avez tous suivi les résultats du dernier concours. Les statistiques ont même été communiquées par le ministre en charge de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique. Au total, 4 535 personnes ont été intégrées dans le fichier de la Fonction publique, ont reçu des messages et leurs procès-verbaux (PV), puis ont été déclarées admises. Mais concernant les enseignants contractuels de Conakry, rien n’a été fait. Ils ont pourtant été regroupés dans un même centre, mais leur situation reste sans réponse. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes mobilisés ici aujourd’hui : informer l’opinion nationale et internationale que les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry n’ont pas du tout été pris en compte. Leur situation a été ignorée et laissée de côté. Nous interpellons donc l’État sur la situation des enseignants contractuels de Conakry », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Mohamed Saoud Sylla a félicité ses collègues enseignants contractuels communaux admis au concours. Il a également appelé les autorités à respecter leurs engagements et à régulariser la situation des enseignants contractuels de Conakry.
« Nous félicitons nos camarades communaux qui ont été retenus à la fonction publique. Nous leur adressons nos félicitations. Cependant, nous tenons à informer l’opinion nationale et internationale que la situation des enseignants contractuels de Conakry n’a toujours pas été réglée. Nous ne comptons pas baisser les bras ni rester les bras croisés. Nous allons continuer à nous battre jusqu’à ce que notre situation soit régularisée. Conakry fait aussi partie intégrante de la Guinée. Les enseignants qui y travaillent sont également des fils et des filles de ce pays. Ils ne doivent pas être mis de côté, ni être traités comme des personnes sans importance. Nous sommes tous des enfants de ce pays. Le respect du protocole d’accord n’est pas un péché. Ce protocole a été signé et prévoyait que nous serions prioritaires lors du recrutement. Nous sommes les enfants de ce pays. Nous le servons et nous continuerons à le servir. Mais nous n’allons pas nous laisser faire ni baisser les bras face à l’injustice. Si la situation des enseignants contractuels de l’intérieur du pays a été réglée, il est maintenant temps de se pencher sur celle de Conakry, conformément aux engagements pris par les responsables. Lorsqu’on signe un accord, on doit tout mettre en œuvre pour le respecter », a-t-il martelé.
Selon Mohamed Saoud Sylla, malgré plusieurs démarches auprès des autorités et des responsables syndicaux lors des négociations entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation pour l’intégration des enseignants contractuels de la zone de Conakry, les lignes n’ont quasiment pas bougé.
« Depuis la mise en place des sous-commissions, nous n’avons cessé d’interpeller l’État. Plusieurs commissions ont été créées : celle chargée du statut particulier, celle chargée de recenser les actes de nomination des différents responsables des écoles et celle chargée de recueillir les listes des enseignants contractuels. Malheureusement, la situation des enseignants contractuels de Conakry n’a pas été prise en compte. Au sein de ces commissions, une seule liste a été traitée. C’est cette liste qui a ensuite été transmise à la Fonction publique. Les personnes concernées ont été intégrées dans le fichier de FUGAS et les ayants droit ont été déclarés admis. À chaque sortie, nous avons saisi l’intersyndicale de l’éducation, le ministère de la Fonction publique et le Conseil national du dialogue social (CNDS) pour dénoncer cette injustice qui, jusqu’à présent, n’a pas été réparée », a-t-il indiqué.
Pour conclure son intervention, Mohamed Saoud Sylla a appelé les responsables syndicaux du SLECG, de la FSPE et du SNE à s’unir pour obtenir le respect du protocole d’accord du 3 janvier 2026 et défendre les droits des enseignants contractuels de Conakry, dont la situation reste en attente.
« La défense des intérêts des enseignants contractuels de Conakry ne relève pas d’une seule structure syndicale, mais de l’intersyndicale de l’éducation, puisque c’est elle qui a signé le protocole d’accord. Ce n’est pas une seule structure qui l’a signé. Cela concerne donc le SLECG, la FSPE et le SNE. Tous les responsables syndicaux doivent se donner corps et âme pour que le protocole d’accord du 3 janvier soit respecté. C’est une question d’intérêt, d’honneur et de dignité pour eux. Si aujourd’hui un seul point du protocole d’accord concernant la situation de Conakry n’est pas respecté, c’est aussi, d’une certaine manière, parce que les responsables syndicaux n’ont pas été assez forts. Ils ne doivent pas être faibles face à l’État. Ils doivent rester fermes, se donner la main et parler d’une seule voix. De la même manière qu’ils se sont mobilisés pour les enseignants contractuels communaux de l’intérieur du pays, ils doivent conjuguer leurs efforts pour défendre les droits des enseignants contractuels de la région de Conakry », a-t-il conclu.
Moussa Konaté pour Guineematin.com
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- 1,114 words · 6 min read
- Published
- October 27, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com