Coût des procédures : La FSF va payer une belle fortune pour le recours au TAS

Pendant que les juges de Lausanne examinent ce jeudi 8 octobre le recours du Sénégal sur la finale de la CAN 2025, une autre question se pose en coulisses. Ce combat juridique de la FSF pour récupérer l'étoile a un prix. Honoraires d'un pool d'avocats internationaux, frais de procédure, déplacements en Suisse : la note s'annonce salée, et la question de savoir qui la règle reste entière. Pour défendre ses intérêts devant le Tribunal arbitral du sport, la FSF n'a pas lésiné sur les moyens. Elle a constitué une équipe de six avocats, conduite par Me Seydou Diagne. On y retrouve le bâtonnier Aly Fall et Me Moussa Sarr, mais aussi des spécialistes reconnus du droit du sport européen, dont Me Juan de Dios Crespo et les avocats suisses Yvan Henzer et Serge Vittoz. Ce collectif a déjà tenu une conférence de presse à Paris en mars pour présenter les bases du recours. Un tel attelage, mêlant ténors sénégalais et cabinets étrangers rompus aux procédures de Lausanne, constitue un atout juridique, mais aussi un investissement considérable. Le montant exact des honoraires versés à ce pool n'a pas été rendu public. Dans ce type de dossier, les avocats spécialisés facturent généralement au temps passé ou au forfait, avec des tarifs horaires qui, pour les cabinets internationaux de premier plan, se chiffrent couramment en centaines d'euros. Or le dossier sénégalais mobilise ses conseils depuis plus de six mois. Il a fallu rédiger le mémoire d'appel, analyser la décision de la CAF, répondre aux arguments marocains, réunir les pièces et préparer l'audience de ce jeudi. À cela s'ajoutent les frais de déplacement et de séjour de la délégation en Suisse, ainsi que ceux d'éventuels témoins ou experts.
Les frais propres au TAS
Le tribunal arbitral a lui aussi un coût, fixé par un barème officiel. Tout appelant doit d'abord verser un droit de greffe minimum de 1 000 francs suisses pour que son recours soit enregistré. Viennent ensuite les frais administratifs du TAS, calculés selon la valeur du litige et qui peuvent atteindre 25 000 francs suisses pour les dossiers les plus importants. Il faut enfin rémunérer la formation arbitrale, composée de trois arbitres dans une procédure d'appel. Leurs honoraires sont facturés à l'heure, entre 300 et 500 francs suisses selon les enjeux financiers, auxquels s'ajoutent leurs frais de voyage, d'hébergement et de repas. Le tribunal demande aux parties de verser une avance sur ces frais en cours de procédure, et un appel peut être considéré comme retiré si cette provision n'est pas réglée dans les délais. L'issue de l'affaire aura aussi des conséquences financières. Au terme de la procédure, le TAS arrête le montant définitif des frais d'arbitrage et décide de leur répartition entre les parties. Il peut également condamner la partie perdante à verser une contribution aux frais d'avocats de la partie gagnante. Une victoire du Sénégal à Lausanne permettrait donc d'alléger, au moins en partie, une facture qui pèserait autrement entièrement sur la
FSF
. Reste la question centrale de savoir qui finance réellement ce combat. Juridiquement, c'est la Fédération sénégalaise de football qui est partie à la procédure et qui engage les avocats. Mais le dossier a très vite pris une dimension nationale. Dès le lendemain de la décision de la CAF, le président Bassirou Diomaye Faye a reçu la FSF au Palais et affiché son soutien total à la démarche. Plusieurs sources évoquent un accompagnement qui mêlerait appui diplomatique et soutien financier de l'État, sans qu'aucun montant ni mécanisme n'ait été officiellement communiqué.
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- Length
- 585 words · 3 min read
- Published
- October 8, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews