Prise en charge de l’infertilité : Une gynécologue appelle à briser le silence et les préjugés
Ce vendredi 16 octobre, à la clôture d’un atelier de deux jours à l’intention des journalistes en santé, le Dr Ndèye Khady Sène, gynécologue à l’hôpital régional de Kaolack, a souligné le poids des préjugés sociaux et le coût élevé des traitements liés à l’infertilité. Des défis qui, selon elle, compliquent fortement la prise en charge des patients.
L’infertilité ne doit plus être considérée comme une affaire exclusivement féminine. C’est le principal message porté par la gynécologue Ndèye Khady Sène, le vendredi 16 octobre 2026, à l’issue de l’atelier de deux jours consacré à cette problématique et organisé par la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (Dsme) en collaboration avec l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd). « L’infertilité concerne le couple et non uniquement la femme. Il faut donc rechercher les causes aussi bien chez la femme que chez l’homme », a-t-elle précisé.
Dans la société sénégalaise, l’absence de grossesse est encore trop souvent imputée à l’épouse, exposant de nombreuses femmes aux accusations, aux pressions familiales et aux tensions conjugales. « Certaines finissent par s’isoler, par crainte du regard des autres. Il est urgent de déconstruire ces préjugés et de mieux faire connaître les différentes causes de l’infertilité », a préconisé la praticienne.
D’après le Dr Sène, les difficultés à concevoir peuvent notamment être liées à des troubles de l’ovulation, à des lésions des trompes, à l’endométriose ou à des anomalies du sperme. D’où l’importance d’un bilan médical complet pour les deux partenaires. Elle a également mis en garde contre l’automédication, insistant sur la nécessité d’une consultation adaptée afin d’identifier l’origine du problème et de proposer un traitement adéquat.
Au-delà des préjugés, le coût des soins constitue un obstacle majeur. Les examens, les médicaments et les techniques de Procréation médicalement assistée (Pma) représentent des dépenses considérables pour les ménages. « Il faut aussi un accompagnement émotionnel du couple et un effort financier », a expliqué la gynécologue, tout en rappelant que ces traitements « nécessitent des moyens et un suivi rigoureux, sans garantir systématiquement une grossesse ».
À l’hôpital régional de Kaolack, des efforts sont déployés pour améliorer la prise en charge. Selon les chiffres présentés par le Dr Sène, 3720 patients ont consulté pour des problèmes d’infertilité entre 2021 et 2025. Le service a également réalisé 121 inséminations, avec un taux de grossesse de 25 % pour cette procédure.
Un plaidoyer attendu des médias
Le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant, le Dr Amadou Doucouré, a souligné le rôle clé des journalistes dans la sensibilisation des populations et le plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en charge de l’infertilité. Au-delà de la simple diffusion d’informations, les professionnels des médias sont appelés à mettre en lumière les difficultés rencontrées par les couples, particulièrement les femmes défavorisées face à l’accès aux soins. « Il s’agit aussi de faire évoluer les mentalités, de déconstruire les préjugés et de lutter contre la stigmatisation liée à l’infertilité », a-t-il affirmé. Le Dr Doucouré a, en outre, rappelé l’importance de documenter les insuffisances du dispositif actuel. « Les journalistes doivent montrer les avancées réalisées, mais aussi les difficultés persistantes et les aspects à améliorer, qu’il s’agisse de l’accès aux traitements, des moyens disponibles ou du renforcement des compétences techniques », a-t-il déclaré.Pour Eugène Kaly, président de l’Ajspd, c’est à travers des reportages de terrain et des campagnes de sensibilisation que les médias pourront interpeller les décideurs, contribuer à l’identification des besoins et favoriser l’émergence de réponses adaptées. « L’enjeu est de faire du traitement médiatique de l’infertilité un levier de changement social et d’amélioration de l’accès aux soins », a-t-il conclu.
Babacar Guèye DIOP
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About this article
- Length
- 610 words · 3 min read
- Published
- October 17, 2026
- Byline
- Oumar Boubacar Ndongo
- Source
- Soleil