Explosions à Ryad, une première depuis la reprise du conflit avec les Houthis du Yémen

Les habitants de Ryad ont été réveillés dans la nuit de samedi à dimanche par une alerte de risque d’attaque suivie de deux fortes explosions, une première dans la capitale saoudienne depuis la reprise des affrontements avec les Houthis du Yémen.
Le royaume subit ces derniers jours des attaques croissantes de ces combattants pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin, et viennent d’y effectuer une percée spectaculaire face au gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par une coalition menée par Ryad.
Mais les frappes houthies en Arabie saoudite ont jusqu’ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge, loin de Ryad, qui n’avait pas pas encore été menacée depuis la reprise des hostilités en juillet.
L’alerte prévenant d’une « menace aérienne hostile » sur la capitale et appelant ses habitants à rester à l’intérieur a résonné sur leurs téléphones vers 03H00 du matin (minuit GMT).
Deux explosions ont ensuite été entendues, selon des journalistes de l’AFP sur place, avant que l’alerte ne soit levée une demi-heure plus tard.
Les autorités n’ont pas encore détaillé le motif de ces alertes, émises également dans d’autres régions du pays, ni sur d’éventuels victimes ou dégats.
– « Terrfiant » –
« J’ai entendu l’alerte, puis mes fenêtres ont tremblé », témoigne un habitant de 27 ans du nord de la capitale, qui n’a pas souhaité donné son nom. « J’ai eu vraiment peur, je ne m’y attendais pas ».
« C’est terrifiant », confirme un autre habitant, du centre-ville, également sous couvert d’anonymat. « J’étais très anxieux, surtout parce que contrairement aux fois précédentes, l’alerte n’a pas été levée tout de suite après », a-t-il dit.
La capitale saoudienne avait déjà été frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. L’ambassade américaine, dans le quartier diplomatique de la ville, avait notamment été touchée par un drone en mars.
L’Arabie saoudite avait accusé quelques jours plus tôt les Houthis d’avoir ciblé La Mecque, ville sainte de l’islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins. L’attaque – démentie par les Houthis – avait été largement condamnée dans le monde musulman.
En réponse aux Houthis, l’Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé des zones qu’ils contrôlent au Yémen, sans toutefois parvenir pour l’heure à contrer leurs avancées.
Depuis leur offensive éclair de début septembre, ils contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.
– Pression sur l’économie –
Une nouvelle pression sur l’économie mondiale, déjà ébranlée par près de sept mois de guerre au Moyen-Orient, qui a fait repasser le prix du pétrole au dessus de 100 dollars.
D’autant que le transport maritime mondial était déjà fortement perturbé par le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, de l’autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Les Houthis assurent, eux, qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime de Bab el-Mandeb – sauf pour les navires de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
Selon la société de suivi maritime Kpler, sur les sept derniers jours, seuls cinq navires chargés de marchandises saoudiennes ont quitté la mer Rouge en franchissant Bab el-Mandeb, soit moins du tiers du trafic hebdomadaire habituel enregistré depuis janvier.
La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa puis d’autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite.
La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les combattants pro-iraniens ont défié le contrôle de Ryad sur l’espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
Au moins 112.000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3.000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l’ONU.
Follow the story
About this article
- Length
- 689 words · 3 min read
- Published
- September 19, 2026
- Byline
- Libération
- Source
- Libération