Sénégal : les coupures d’électricité relancent l’urgence du gaz local

Les perturbations de la fourniture d’électricité enregistrées au Sénégal en septembre ont remis au premier plan la question de la sécurisation du système énergétique. Pour le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, cette situation confirme la nécessité d’accélérer la transition vers le gaz pour la production d’électricité.
Lors d’une rencontre avec la presse jeudi 1er octobre à Dakar, le ministre a expliqué que la demande électrique progressait rapidement. Elle a atteint une pointe de 1 400 mégawatts en août, alors que le pays dispose d’une capacité installée supérieure à 2 300 MW. Selon les explications rapportées par Reuters, les difficultés récentes sont liées notamment à l’approvisionnement en combustible et à des défaillances techniques.
Le gaz local au cœur de la stratégie
Le gouvernement veut désormais davantage valoriser les ressources gazières du pays afin de réduire sa dépendance aux combustibles importés, notamment au diesel. Le ministère prévoit la construction d’environ 340 kilomètres de gazoducs pour permettre l’acheminement du gaz naturel produit au Sénégal vers les installations de production.
Cette orientation doit également permettre de réduire les coûts de production. Le directeur général de la Senelec, Pape Toby Gaye, a indiqué que la baisse du coût de l’électricité était notamment liée à l’arrivée du gaz local dans le mix énergétique. Selon lui, l’objectif est que les centrales fonctionnant au gaz soient pleinement opérationnelles au plus tard en 2029.
400 milliards de FCFA annoncés
Le chantier énergétique dépasse toutefois la seule question du gaz. Le gouvernement prévoit près de 400 milliards de FCFA d’investissements afin de progresser vers l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2029.
Le plan présenté par le ministre comprend notamment le renforcement des capacités de production, la modernisation des réseaux, le développement du stockage et l’augmentation de la place des énergies renouvelables. La demande d’électricité aurait progressé de plus de 12 %, avec une pointe de 1 400 MW enregistrée en août 2026.
Des hydrocarbures désormais intégrés à la stratégie énergétique
Le gouvernement entend également profiter du développement des ressources pétrolières et gazières pour renforcer la souveraineté énergétique du pays.
Dans ce cadre, le ministère a redessiné la carte des blocs pétroliers et gaziers. Selon les informations rapportées par Reuters, cinq blocs doivent être évalués par l’italien Eni tandis que 104 autres doivent être présentés à des investisseurs dans le cadre d’une campagne de promotion.
Cette stratégie intervient alors que le Sénégal cherche à transformer ses nouvelles ressources en hydrocarbures en levier pour l’industrie et la production énergétique, plutôt qu’à maintenir une forte dépendance aux combustibles importés.
Une transition qui devra encore produire ses effets
Les annonces du gouvernement donnent ainsi une nouvelle place au gaz dans la politique énergétique sénégalaise. Mais le calendrier reste déterminant : les infrastructures de transport du gaz, l’adaptation des centrales, la modernisation du réseau électrique et la montée en puissance des renouvelables devront progresser suffisamment rapidement pour répondre à une demande en hausse.
Les coupures de septembre ont montré l’écart qui peut encore exister entre la capacité installée et l’électricité effectivement disponible pour les consommateurs. La question désormais posée est celle de la capacité du Sénégal à transformer ses ressources gazières et ses investissements annoncés en une fourniture électrique plus régulière et à terme moins coûteuse.
Xalima
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- 537 words · 3 min read
- Published
- October 2, 2026
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- Xalima
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- Xalima