
Le dispositif d’incitation au cinéma va être resserré. Au Parlement hier, 1er septembre, le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé la mise en place prochaine d’un plafond sur les sommes remboursables au titre du Mauritius Film Rebate Scheme, tout en pointant du doigt la gestion du programme sous le précédent gouvernement.
Interrogé par le député Raviraj Sinha Beechook, le chef du gouvernement a livré les chiffres du dispositif. Sur l’exercice 2024-2025, l’Economic Development Board (EDB) a reçu 14 demandes et en a approuvé six ; l’année suivante, en 2025-2026, dix des onze demandes déposées ont été validées. Côté décaissements, l’écart est net : Rs 102,1 millions ont été versées en 2024-2025, contre seulement Rs 9,3 millions en 2025-2026.
Le Premier ministre a toutefois invité à la prudence dans la lecture de ces montants : les sommes effectivement versées au cours d’un exercice ne recoupent pas forcément les projets approuvés la même année, dépenses éligibles et remboursements pouvant se répartir sur plusieurs exercices.
Un remboursement pouvant atteindre 40 %
Lancé en 2013, le Film Rebate Scheme a pour objectif d’attirer les tournages, locaux comme étrangers, de générer de l’emploi et de renforcer la visibilité de Maurice à l’international. Dans son principe, il rembourse 30 % des dépenses locales éligibles — un taux qui peut grimper jusqu’à 40 % lorsque certains seuils d’investissement sont atteints.
C’est précisément le coût de ce mécanisme, dans un contexte de tensions budgétaires, qui a conduit le gouvernement à vouloir l’encadrer. Pour améliorer le rapport entre la dépense publique et les retombées, un plafond sera fixé sur le montant remboursable, et les lignes directrices du programme modifiées en conséquence.
Le cas « Prisoners of Paradise »
Navin Ramgoolam a par ailleurs mis en cause la manière dont le dispositif était administré avant son arrivée. Il a cité l’exemple du film Prisoners of Paradise, pour lequel l’EDB aurait versé Rs 66 millions à Alan Govinden, une fois déduits Rs 21,6 millions de taxes.
Le chef du gouvernement a également visé le mode de décision d’alors : selon lui, l’octroi des remboursements relevait de la seule signature du CEO de l’EDB. Désormais, a-t-il assuré, les projets sont validés par le conseil d’administration de l’organisme, sur la base d’un système encadré par des règles.
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