Brésil : Lula remporte un quatrième mandat historique
Lula est réélu président du Brésil face à Flávio Bolsonaro avec 51,76 % des voix à 99,77 % du dépouillement. Il obtient un quatrième mandat historique.

Devancé au premier tour, Luiz Inácio Lula da Silva a remporté, dimanche 25 octobre, la présidentielle brésilienne face à Flávio Bolsonaro. À 80 ans, le chef de la gauche brésilienne obtient un quatrième mandat après une remontée inédite. Il empêche le retour de la famille Bolsonaro au palais présidentiel, mais devra gouverner face à un Congrès renforcé à droite.
Lula a gagné une nouvelle bataille contre les Bolsonaro. Quatre ans après avoir battu Jair, le président brésilien a remporté le second tour face à son fils aîné, Flávio, sénateur et candidat du Parti libéral. Avec 99,77 % des sections électorales dépouillées, il recueillait 51,76 % des suffrages valides, contre 48,24 % pour son adversaire, selon les données du Tribunal supérieur électoral relayées par Bloomberg Línea. Son avance dépassait alors 4,35 millions de voix.
Déjà président de 2003 à 2010, puis revenu au pouvoir en janvier 2023, le dirigeant du Parti des travailleurs prolonge une trajectoire sans équivalent dans le Brésil démocratique : il devient le premier président élu à quatre reprises au suffrage universel.
Une remontée inédite entre les deux tours
Le 4 octobre, le rapport de force lui était défavorable. Flávio Bolsonaro avait terminé en tête avec 47,03 % des voix, contre 45,16 % pour Lula, selon les résultats du premier tour. Le président sortant devait combler près de deux points de retard dans une campagne dominée par le coût de la vie, l’insécurité et les affaires de corruption.
En inversant ce résultat, Lula réalise une première depuis le retour de la démocratie : aucun candidat à la présidence arrivé deuxième au premier tour n’avait jusque-là remporté le second.
Entre les deux scrutins, son camp a relancé la mobilisation dans la rue et sur les réseaux sociaux. Lula a multiplié les vidéos directes, adoptant un ton plus informel pour parler aux électeurs. Le député André Janones a organisé une mobilisation numérique autour du canal WhatsApp « Exército de Lula », tandis que des mouvements sociaux et étudiants réunissaient ses soutiens dans plusieurs villes du pays. Cette campagne plus offensive a accompagné la reconquête électorale du président.
Une journée de vote prolongée par la justice
Le scrutin a également été marqué par des difficultés d’accès aux transports publics, notamment à Salvador et à São Paulo. Saisi par la campagne de Lula, le juge Cristiano Zanin, du Tribunal suprême fédéral, a décidé de prolonger le vote jusqu’à 19 heures dans les lieux où les opérations n’avaient pas encore été clôturées.
Le Tribunal supérieur électoral a précisé que cette prolongation concernait uniquement les bureaux dont le vote n’était pas terminé à 17 heures. La réception des procès-verbaux, la totalisation et la diffusion des résultats devaient reprendre après 19 heures. Cette décision a décalé le déroulement de la soirée électorale.
Le retour des Bolsonaro au pouvoir échoue
Pour Flávio Bolsonaro, cette défaite interrompt la tentative de reconquête présidentielle engagée au nom de son camp. Son père, Jair Bolsonaro, purge une peine de 27 ans de prison pour le complot visant à renverser le résultat de l’élection de 2022. Le candidat du Parti libéral avait fait de l’amnistie de l’ancien président l’un de ses objectifs politiques.
Lula avait, de son côté, placé la souveraineté nationale au cœur de la confrontation. « Le Brésil n’est l’arrière-cour de personne », avait-il lancé en septembre à la tribune des Nations unies. Pendant la campagne, il avait dénoncé la proximité de la famille Bolsonaro avec Donald Trump et présenté le scrutin comme une bataille pour l’indépendance du pays. Les Bolsonaro avaient rejeté ses accusations de subordination aux intérêts américains.
Sa réélection freine ainsi la progression des gouvernements de droite proches de Washington en Amérique latine et prive Donald Trump d’un allié potentiel à la tête de la première puissance économique de la région.
Un quatrième mandat face à une droite puissante au Congrès
La victoire présidentielle laisse à Lula un rapport de force parlementaire difficile. Le Parti libéral a obtenu 121 sièges à la Chambre des députés et disposera du premier groupe dans les deux chambres. La fragmentation du Parlement donne également un poids décisif aux formations du centre et du centre droit, avec lesquelles le président devra négocier pour faire adopter ses textes.
Les contraintes économiques pèseront sur ces discussions. La dette publique atteint 82,9 % du PIB, tandis que le taux directeur reste à 13,75 %. Le coût du crédit et l’endettement des ménages compliquent la réponse aux attentes de pouvoir d’achat qui ont traversé toute la campagne.
Lula a promis de poursuivre les hausses du salaire minimum au-dessus de l’inflation, d’élargir les aides aux étudiants et de créer un ministère de la Sécurité publique. Le financement de ces engagements et leur traduction législative seront au centre des premières négociations de son nouveau mandat.
Il sera investi le 5 janvier 2027, conformément au nouveau calendrier constitutionnel. Après avoir renversé le rapport de force électoral, le président réélu devra construire les majorités nécessaires pour gouverner.
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- 823 words · 4 min read
- Published
- October 26, 2026
- Byline
- Rédaction
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- le1