
Le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal ont annoncé, mardi 1er septembre, un accord sur le principe d'un prêt de 2,2 milliards de dollars afin d'appuyer Dakar et de participer au rétablissement de la santé financière du pays, aux prises avec une dette vertigineuse représentant 132 % du PIB. La décision intervient près de trois ans après la suspension par le FMI de leur dernier programme, d'un montant de 1,8 milliard de dollars, en raison de la révélation par Dakar d'une dette cachée
Le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal ont annoncé, mardi 1er septembre, un accord sur le principe d'un prêt de 2,2 milliards de dollars afin d'appuyer Dakar et de participer au rétablissement de la santé financière du pays, aux prises avec une dette vertigineuse représentant 132 % du PIB. La décision intervient près de trois ans après la suspension par le FMI de leur dernier programme, d'un montant de 1,8 milliard de dollars, en raison de la révélation par Dakar d'une dette cachée contractée par l'administration précédente. L'accord a été conclu au terme d'une mission de deux semaines à Dakar, du 19 août au 1er septembre, conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal depuis le début de l'année. Une durée inhabituellement longue — près du triple de la mission précédente, tenue en juin — révélatrice de la complexité des négociations menées depuis vingt-deux mois sans accord. Les conclusions ont été présentées côté sénégalais par le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba. Le programme suspendu par le FMI en 2024 faisait suite à la découverte, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, d'engagements financiers non déclarés par l'ancien pouvoir entre 2019 et 2024. Selon les estimations du FMI fondées sur les données de fin 2023, ces montants dissimulés dépasseraient les 11 milliards de dollars, quand certains audits indépendants, dont celui du cabinet Forvis Mazars, avancent des chiffres plus élevés encore. Cette révélation avait porté la dette publique réelle du pays à environ 132 % du PIB fin 2024, plaçant le Sénégal parmi les États les plus endettés du continent, et avait entraîné une série de dégradations de sa note souveraine par les agences S&P et Moody's, jusqu'à la catégorie « CCC+ » et « Caa1 », Moody's l'ayant depuis abaissée à « Caa2 ». Les autorités sénégalaises avaient multiplié, ces derniers mois, les signaux destinés à convaincre le
FMI
de leur capacité à assainir durablement les finances publiques. Quatre jours avant l'arrivée de la mission, le gouvernement avait ainsi relevé, le 15 août, les prix des carburants à la pompe, une mesure justifiée par l'écart croissant entre les subventions énergétiques inscrites au budget et leur coût réel, alourdi par la flambée des cours mondiaux du pétrole. Début juin, le Trésor sénégalais avait par ailleurs procédé au paiement anticipé de coupons obligataires. Sur le plan des réformes structurelles, Dakar s'appuie depuis 2025 sur son propre programme, baptisé « SEN-FINTRAC 2025-2029 », censé renforcer la transparence budgétaire et la mobilisation des recettes intérieures. Malgré la crise financière, l'économie sénégalaise a affiché en 2026 une croissance du produit intérieur brut réel de 6,7 %, portée notamment par la montée en puissance de la production pétrolière et gazière, et une baisse du déficit budgétaire. Le pays doit néanmoins faire face à un service de la dette exceptionnellement lourd, évalué à environ 9,7 milliards de dollars pour la seule année 2026, un niveau que le FMI juge difficilement soutenable en l'état.
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