Damaro (Kérouané) : des cours d’eau en crue emportent des ponts et isolent plusieurs villages (Témoignages)
La commune rurale de Damaro, dans la préfecture de Kérouané, traverse actuellement une crise socio-économique sans précédent. L’affaissement des ponts reliant plusieurs villages et la crue des cours d’eau rend très difficiles, parfois même impossibles, les déplacements des habitants de ces localités. Conséquence, de nombreux citoyens éprouvent aujourd’hui d’énormes difficultés à se ravitailler en denrées […] The post Damaro (Kérouané) : des cours d’eau en crue emportent des ponts et isolent plus
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La commune rurale de Damaro, dans la préfecture de Kérouané, traverse actuellement une crise socio-économique sans précédent. L’affaissement des ponts reliant plusieurs villages et la crue des cours d’eau rend très difficiles, parfois même impossibles, les déplacements des habitants de ces localités. Conséquence, de nombreux citoyens éprouvent aujourd’hui d’énormes difficultés à se ravitailler en denrées alimentaires et à bénéficier de soins d’urgence, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com sur place.
Dans la sous-préfecture de Damaro, les habitants de plusieurs villages dépendent d’ouvrages de franchissement, parfois construits par eux-mêmes, pour leurs déplacements. C’est le cas notamment de ceux de Tènimbaro, qui passent par un dalot érigé sur un cours d’eau pour arriver chez eux. Mais aujourd’hui, cet ouvrage ne leur permet plus de se déplacer librement. À la moindre crue de la rivière, la traversée devient impossible, et ces citoyens se retrouvent coupés du marché hebdomadaire de Sanankoronin, véritable poumon économique de la zone.
Amara Camara, doyen village de Tènimbaro
« La principale difficulté que nous rencontrons, c’est le problème du pont. Tant que l’eau ne baisse pas, nous ne pouvons pas avoir les condiments et les autres produits de première nécessité. Nous pouvons passer des semaines sans pouvoir traverser, jusqu’à ce que le niveau de l’eau baisse. Lorsque la rivière déborde, nous ne pouvons pas aller à Sanankoronin, et les populations de là-bas ne peuvent pas non plus venir ici. Le pont est vraiment dans un très mauvais état », déplore Amara Camara, le doyen du village, tout en interpellant les autorités sur cette situation. « Nous savons que nous avons un bon président. Nous restons à sa disposition, et nous comptons sur lui pour nous aider à trouver une solution à ce problème », a-t-il dit.
Amara Condé, un autre habitant du village, abonde dans le même sens. Il souligne que cet axe routier a une importance stratégique puisqu’il permet de rallier plusieurs localités.
Amara Condé, habitant de Tènimbaro
« C’est une route principale. Pour aller à Sanankoronin, Kankan, Macenta ou N’Zérékoré, les gens passent par cet axe. Seul Dieu sait les souffrances que nous endurons. Nous ne pouvons plus nous rendre facilement au marché hebdomadaire. Les engins ont énormément de difficultés à franchir la rivière, et on ne peut pas traverser à pied. Cela nous fatigue beaucoup. Nous demandons aux autorités de venir à notre secours », a lancé ce citoyen.
Les difficultés ne concernent pas uniquement les populations riveraines. Les commerçants et les transporteurs qui fréquentent le marché hebdomadaire de Sanankoronin sont eux aussi confrontés à des conditions de circulation extrêmement difficiles.
Mahawa Camara, commerçante venue au marché de Sanankoronin
« Nous souffrons beaucoup sur cette route. L’autre jour, nous avons été obligés d’emprunter un long détour pour éviter ce pont en souffrance. Aujourd’hui, nous sommes revenus par ici, mais nous avons tous été obligés de descendre du camion pour traverser. Je viens du marché de Sanankoronin et je me rends à N’Zérékoré. Nous sommes descendus par peur, parce que nous n’avons aucune autre alternative », raconte Mahawa Camara, commerçante.
Pour les transporteurs, cette situation ne date d’ailleurs pas d’hier. Laye Oumar Camara, convoyeur sur le tronçon Sanankoronin-N’Zérékoré, dénonce l’état de dégradation avancée de l’ouvrage et l’absence d’entretien de cet axe stratégique.
Laye Oumar Camara, convoyeur sur le tronçon Sanankoronin-N’Zérékoré
« Les difficultés que nous rencontrons sur cette route, seul Dieu les connaît. Depuis plus de 40 ans, aucun engin n’est venu ici pour réhabiliter véritablement cette route. Le pont qui a été construit il y a environ 50 ans est trop petit et ne dispose pas d’un espace suffisant pour faciliter la circulation. Aujourd’hui, lorsqu’un camion doit passer, c’est une grande inquiétude et une peur extrême qui s’installent dans le cœur des usagers. Nous souhaitons la reconstruction de ce pont. Kankan, Conakry, Macenta, N’Zérékoré, Sibiribaro, Banankoro, Kérouané,… tout le monde emprunte cette route pour se rendre au marché hebdomadaire de Sanankoronin. Si aujourd’hui nous sommes confrontés à un tel problème, que pouvons-nous faire ? Nous demandons à notre président, Mamadi Doumbouya, de nous venir en aide. Nous éprouvons énormément de difficultés », se lamente ce transporteur.
Entre le village Diaragbéréla (sous-préfecture de Damaro) et la sous-préfecture de Linko, la situation est quasiment la même. Là aussi, la rupture d’un pont de fortune entraîne de lourdes conséquences. Pour les populations installées de part et d’autre de la rivière, traverser est devenu une épreuve quotidienne, surtout en période de fortes pluies. Aminata Keïta, mère de famille, explique son calvaire quotidien.
Aminata Keïta, mère de famille
« Nous vivons dans cette situation difficile depuis plusieurs mois maintenant. Nos champs et nos animaux se trouvent de l’autre côté de la rivière. C’est mon fils qui veille sur nos moutons. Si je ne lui envoie pas à manger, il restera sans nourriture. Le pont qui a été emporté était construit en bois. Maintenant qu’il n’existe plus, de gros cailloux ont été entassés à l’endroit où se trouvait l’ancien passage. Nous sommes obligés de les franchir au risque de tomber dans l’eau et de nous noyer. Et lorsqu’il pleut abondamment, personne ne peut traverser. Nos animaux restent alors sans nourriture », a-t-elle expliqué.
Aminata Keïta appelle également les autorités à construire un pont sur cette rivière pour faciliter les déplacements des citoyens qui empruntent cette voie.
De Kérouané, Kaïn Naboun Traoré, envoyé spécial de Guineematin.com
Tel : (+224) 621144891
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- Length
- 910 words · 5 min read
- Published
- September 19, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com