RAMATOULAYE DIALLO, DITE “BLACKISH” : À Nguekhokh, Blackish veut faire du festival un tremplin pour les jeunes
RAMATOULAYE DIALLO, DITE “BLACKISH” À Nguekhokh, Blackish veut faire du festival un tremplin pour les jeunes Depuis 2020, Ramatoulaye Diallo ouvre la scène du Nguekhokh Urban Festival aux artistes émergents de la Petite Côte. Avec des formations en photographie, en vidéo ou en graphisme, elle veut aussi aider les jeunes à faire de leur talent un métier. Son ambition est de prolonger cet accompagnement au-delà du festival. « Un jeune artiste peut monter sur scène, être applaudi et repartir sans d

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RAMATOULAYE DIALLO, DITE “BLACKISH”
À Nguekhokh, Blackish veut faire du festival un tremplin pour les jeunes
Depuis 2020, Ramatoulaye Diallo ouvre la scène du Nguekhokh Urban Festival aux artistes émergents de la Petite Côte. Avec des formations en photographie, en vidéo ou en graphisme, elle veut aussi aider les jeunes à faire de leur talent un métier. Son ambition est de prolonger cet accompagnement au-delà du festival.
« Un jeune artiste peut monter sur scène, être applaudi et repartir sans disposer des outils nécessaires pour construire une carrière. » C’est à ce problème que Ramatoulaye Diallo, dite « Blackish », veut s’attaquer avec le Nguekhokh Urban Festival. Pour sa quatrième édition, organisée du 25 au 30 septembre, le rendez-vous prévoyait un programme de formation destiné à plus de 50 apprenants. La photographie, la vidéo, le graphisme et la gestion de projets figuraient au programme.
Diplômée en gestion de projets culturels, Ramatoulaye Diallo fait ses premières armes en 2017 avec Afrykayna, une initiative qui réunit des acteurs du Maroc, du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire. Cette expérience nourrit son intérêt pour la coopération entre acteurs culturels africains. Trois ans plus tard, elle lance son propre festival à Nguekhokh, sur la Petite Côte.
Pourquoi Nguekhokh
Au départ, elle constate que les jeunes de la commune disposent de peu de lieux pour montrer leur travail et de peu d’occasions de rencontrer des professionnels. Elle imagine un rendez-vous consacré aux cultures urbaines, où les artistes pourraient côtoyer des entrepreneurs, des associations et des habitants. « Le Nguekhokh Urban Festival est né d’une conviction profonde : la culture ne doit pas être un privilège réservé aux grandes villes, et les talents ne devraient pas être obligés de quitter leur territoire pour avoir une chance de réussir », explique-t-elle.
Le choix de la commune tient aussi à son parcours. « C’est un territoire auquel je suis attachée, dont je connais le potentiel, les réalités et les aspirations de la jeunesse », dit-elle. Pour la quatrième édition, le thème « Valorisation de nos ressources communautaires » a mis l’accent sur les savoir-faire locaux et leur transmission. Ramatoulaye Diallo entend associer les artistes, les associations, les entreprises et les institutions à ce travail. Elle cite notamment l’African Women’s Development Fund (AWDF) et la FDCUIC parmi les partenaires qui ont accompagné cette édition.
Que se passe-t-il après la formation ?
« Nous voulons que les jeunes repartent avec davantage que des souvenirs de concerts », insiste la fondatrice. Au fil des éditions, elle a fait une place croissante à la formation et aux rencontres professionnelles. Dans la musique, la danse ou l’audiovisuel, elle veut aider les jeunes à trouver des débouchés et à tirer des revenus de leur activité.
Reste la question du suivi. Une fois la formation terminée, comment continuer à pratiquer, accéder à du matériel et nouer des contacts professionnels ? Ramatoulaye Diallo plaide pour un accompagnement des bénéficiaires après le festival, leur mise en réseau et un accès plus facile aux équipements. Elle souhaite aussi mieux documenter les compétences acquises et les activités que les participants parviennent ensuite à développer.
Blackish veut également ouvrir davantage de débouchés aux femmes dans les métiers qui entourent la scène. « Nous devons leur permettre d’être visibles non seulement comme artistes, mais également comme techniciennes, productrices, formatrices, manageuses, entrepreneures et décideuses », défend-elle.
Elle distingue la place accordée aux femmes dans une programmation de l’accès aux ressources qui leur permettent d’exercer un métier. Pour elle, cela passe par des formations, des financements et la possibilité d’occuper des postes de responsabilité. « Nous ne pouvons pas parler de développement durable si les femmes qui contribuent à créer la richesse culturelle restent à la marge des opportunités économiques », ajoute-t-elle.
Des moyens pour travailler toute l’année
Rémunérer les artistes et les formateurs, trouver du matériel, assurer le transport et l’hébergement. Pour un festival indépendant, ces dépenses pèsent sur chaque édition. Ramatoulaye Diallo explique que les financements ponctuels et les retards de décaissement compliquent la préparation. Elle souhaite diversifier ses partenariats avec les institutions publiques, les entreprises, les fondations et les organismes de coopération, tout en développant des revenus propres. « La passion ne peut pas remplacer durablement les moyens », résume-t-elle.
À terme, elle voudrait pouvoir accompagner les jeunes entre deux éditions, soutenir leurs projets d’entreprise, organiser des résidences artistiques et développer des échanges avec d’autres territoires. « Je ne veux pas que le festival soit simplement un rendez-vous annuel qui s’arrête une fois les activités terminées. Je souhaite qu’il évolue vers un dispositif permanent capable d’accompagner les talents et de soutenir les initiatives entrepreneuriales », dit-elle.
Fatou Ba
Section:
culture
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- 772 words · 4 min read
- Published
- November 6, 2026
- Byline
- joe.waly
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- Enqueteplus