La prévention prend ses quartiers à la Maison de la presse : Cancer du sein – la bataille se joue aussi dans le dépistage
A l’occasion d’Octobre rose, la Maison de la presse Tahar-Djaout, à Alger, accueille, du 28 au 30 septembre, trois journées de sensibilisation et de dépistage précoce du cancer du sein au profit des femmes travaillant dans le secteur des médias. Une conférence de presse a été organisée hier, à cette occasion, pour présenter les objectifs […]
- A l’occasion d’Octobre rose, la Maison de la presse Tahar-Djaout, à Alger, accueille, du 28 au 30 septembre, trois journées de sensibilisation et de dépistage précoce du cancer du sein au profit des femmes travaillant dans le secteur des médias. Une conférence de presse a été organisée hier, à cette occasion, pour présenter les objectifs de cette initiative et aborder les différentes problématiques liées au dépistage, à la prise en charge et à l’accompagnement des patientes.*
Par Meriem B.
L’opération est organisée par la Direction de la Maison de la presse Tahar-Djaout, en collaboration avec le journal électronique Esseha.dz, sous le parrainage des ministères de la Communication et de la Santé. Elle s’adresse aux femmes journalistes ainsi qu’aux travailleuses de la presse écrite, audiovisuelle et électronique, dans les secteurs public et privé. L’idée est simple : aller à la rencontre des femmes plutôt que d’attendre qu’elles se rendent dans une structure de santé. Pendant trois jours, la Maison de la presse devient ainsi un espace de sensibilisation, d’information, de dépistage et d’orientation. Cette démarche répond à une difficulté souvent rencontrée en matière de prévention. Les contraintes professionnelles, le manque de temps ou encore la tendance à repousser les examens lorsqu’aucun symptôme n’est ressenti peuvent conduire certaines femmes à différer leur dépistage. En installant une opération de prévention directement sur le lieu de travail, les organisateurs souhaitent donc faciliter l’accès aux examens et rappeler l’importance de la détection précoce. Plusieurs spécialistes de différentes disciplines ont été mobilisés pour cette opération. Parmi eux, figurent la Dr Amina Abdelouahab, sénologue, la Pr Hamida Guendouz, cheffe de l’unité de chirurgie mammaire à l’EPH Djillali-Rahmouni, et le Pr Nourredine Benzidane, chef du service de chirurgie générale à l’hôpital de Kouba. L’équipe comprend également la Pr Nadia Chibane, cheffe du service de radiologie à l’hôpital de Kouba, la Pr Fatma Seghier, cheffe du service d’oncologie médicale à l’hôpital de Sidi Ghiles, la Pr Keltoum Messahil, cheffe du service de médecine légale au CHU de Blida, ainsi que le Pr Lounas Benghanem, chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU Mustapha-Pacha.
L’information pour encourager le dépistage
Lors de la conférence de presse, les intervenants ont insisté sur le rôle de l’information dans l’évolution des comportements face au cancer du sein. Chez les femmes algériennes, la sensibilisation contribue progressivement à une meilleure prise de conscience de l’importance du dépistage. Si le dépistage organisé n’est pas encore suffisamment développé, l’information permet néanmoins à de nombreuses femmes de prendre elles-mêmes l’initiative de se rendre dans les structures de santé pour effectuer les examens nécessaires.
Les associations occupent également une place importante dans ce parcours. Elles peuvent accompagner les patientes, les informer et les orienter vers les structures de prise en charge, contribuant ainsi à réduire certaines difficultés rencontrées après le diagnostic.
L’annonce du diagnostic, un moment-clé
Les échanges ont également porté sur une question particulièrement sensible : l’annonce du diagnostic. Le parcours d’une patiente implique plusieurs intervenants et l’accompagnement ne s’arrête pas au diagnostic médical.
Le médecin chargé d’annoncer la maladie doit expliquer la situation, présenter les options thérapeutiques et tenir compte de l’état émotionnel de la patiente. Pour les intervenants, la dimension humaine de cette étape est essentielle. Un médecin ne doit pas uniquement transmettre une information médicale. Il doit aussi savoir écouter, rassurer et adapter son discours à la personne qui se trouve devant lui. Cette capacité à communiquer doit, selon eux, être davantage intégrée à la formation des jeunes médecins. Les chefs de service et les professeurs ont un rôle à jouer auprès des résidents, afin de leur apprendre non seulement à soigner, mais aussi à parler aux malades.
«La communication, ça s’apprend»
Intervenant sur les questions d’éthique médicale, la Pr Keltoum Messahil, cheffe du service de médecine légale au CHU de Blida, a particulièrement insisté sur l’importance de l’information du patient. «La communication, ça s’apprend», a-t-elle souligné, estimant que cette dimension doit constituer un véritable volet de la formation et de la pratique médicales. Elle a notamment relevé que certaines personnes quittent encore une consultation avec une ordonnance sans avoir clairement compris de quelle maladie elles souffrent. Une situation qui peut fragiliser la relation de confiance entre le médecin et son patient et compliquer l’adhésion à la prise en charge. Pour l’intervenante, informer le patient signifie lui permettre de comprendre son état de santé, les traitements proposés et les choix qui peuvent s’offrir à lui.
Ne pas réduire la femme à son cancer
La Pr Keltoum Messahil a également appelé à ne pas réduire la patiente à sa maladie ou à l’organe atteint. «Parfois, on réduit le patient à sa maladie, voire à son organe malade», a-t-elle relevé, plaidant pour une approche globale du soin qui considère avant tout la personne dans son ensemble. Cette approche revêt une importance particulière dans le cancer du sein, une maladie qui peut provoquer, au-delà des conséquences physiques, des souffrances psychologiques et sociales. Certaines restent silencieuses, notamment en raison du regard de l’entourage ou de la société. L’éthique médicale doit ainsi passer d’une réflexion théorique à une pratique concrète, directement intégrée au parcours de soins. Elle repose notamment sur les valeurs, la déontologie et le cadre juridique qui encadrent l’exercice médical.
Le patient, acteur de sa prise en charge
Autre principe mis en avant : l’autonomie du patient. «Nous ne sommes plus dans une dimension paternaliste de l’acte de soin», a expliqué la Pr Messahil. La patiente doit être considérée comme un acteur à part entière de sa prise en charge. Cela suppose qu’elle soit correctement informée de sa situation, des traitements proposés et des possibilités qui s’offrent à elle, afin de participer aux décisions concernant sa santé. A travers ces trois journées, les organisateurs souhaitent ainsi donner une dimension concrète à la campagne de sensibilisation au cancer du sein. A quelques jours d’Octobre rose, l’initiative rappelle que la prévention ne se limite pas aux messages de sensibilisation. Elle passe aussi par la proximité, l’accès aux examens, l’orientation médicale et, surtout, par un accompagnement qui place la femme au centre de son parcours de soins.
M. B.
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- 1,006 words · 5 min read
- Published
- September 28, 2026
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- Le jour d'Algérie