Investissement, financement, gouvernance… comment l’Etat repositionne son portefeuille
L’ANGSPE dresse le bilan de la mise en œuvre de la nouvelle politique actionnariale étatique EEP: L’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE) vient de publier son rapport annuel. Les détails. Et de deux pour ANGSPE. L’Agence nationale de gestion stratégique des […]
L’ANGSPE dresse le bilan de la mise en œuvre de la nouvelle politique actionnariale étatique
EEP: L’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE) vient de publier son rapport annuel.
Les détails.
Et de deux pour ANGSPE. L’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics vient de publier son deuxième rapport sur l’État actionnaire, au titre de l’exercice 2024-2025. Dans les détails, l’exercice 2024-2025 a été surtout marqué par le déploiement de la Politique actionnariale de l’Etat (PAE). Élaborée par l’ANGSPE sur la base des orientations stratégiques de la PAE, adoptées lors du Conseil des ministres le 1er juin 2024, cette politique constitue la doctrine qui définit les engagements et les priorités de l’État actionnaire.
**L’Agence compte dans son périmètre 57 établissements et entreprises publics (EEP). **
Son processus d’adoption, couronné par la publication du décret n° 2.24.1090 le 30 décembre 2024, a été suivi, dès le début de l’année 2025, par le lancement de son déploiement opérationnel. Selon les responsables, la mise en œuvre concrète de cette doctrine s’est traduite par un programme ambitieux de restructurations sectorielles et d’opérations spécifiques portant sur certains EEP. «Ces opérations ont pour finalité de pérenniser les modèles économiques, de valoriser les participations de l’État et d’améliorer la gouvernance et la performance des entités concernées», précise la même source.
Audiovisuel et énergie
Dans le secteur audiovisuel public, la restructuration engagée vise à regrouper l’ensemble des opérateurs publics au sein d’un «pôle audiovisuel public» unique, viable et capable de s’adapter aux mutations du paysage médiatique. «À ce titre, et sur proposition de l’ANGSPE, un protocole d’accord a été signé le 8 novembre 2024 entre les ministères de tutelle, la Société nationale de radiodiffusion et de télévision, la SOREAD-2M et l’Agence, définissant les leviers financiers de cette opération.
Une étude stratégique a ensuite été lancée en 2025 pour définir la structuration et l’organisation cible du futur pôle audiovisuel public», indique le rapport. Concernant le secteur de l’énergie, les efforts de l’ANGSPE ont porté sur plusieurs actions majeures. Ainsi, l’Agence a contribué à la refonte en 2025 de la convention tripartite État-ONEE- MASEN, a œuvré à la relance du processus de transfert des installations d’énergies renouvelables de l’ONEE à MASEN et a accompagné l’ONEE dans la concrétisation du transfert de ses activités de distribution aux Sociétés régionales multiservices (SRM). Parallèlement, l’Agence préside le comité de pilotage de l’étude portant sur la redéfinition du positionnement stratégique de l’Office, au regard des évolutions de son écosystème.
Finance et logistique
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique actionnariale de l’État, l’Agence a également initié en 2025 des études structurantes pour deux autres secteurs clés. Pour le secteur financier et d’investissement, une étude a été lancée pour assurer une restructuration cohérente et stratégique du portefeuille public, afin d’en maximiser l’utilité économique et la complémentarité avec les acteurs privés. Pour le secteur de la logistique, une étude stratégique vise, selon une démarche participative, à établir une vision holistique de l’intervention des EEP et à élaborer une feuille de route pour le renforcement des synergies, de la gouvernance et de l’efficience économique. «Cette capacité à repenser les structures s’est accompagnée d’une nouvelle approche en matière de financement des grands projets.
En effet, dans le cadre de ses missions d’accompagnement et de valorisation du portefeuille de l’État, l’Agence s’est engagée résolument dans la conception de schémas de restructuration et de financement pour les EEP de son périmètre. La démarche privilégie systématiquement des montages financiers innovants, sans recours à la garantie de l’État et en minimisant le concours du Budget général de l’État (BGE). Cette approche stratégique s’est avérée déterminante pour assurer la mobilisation des financements nécessaires aux grands programmes d’investissement», explique le document. L’année 2025 a été marquée par la signature de protocoles d’accord entre l’État et plusieurs EEP.
Il a couvert des projets ferroviaires structurants portés par l’ONCF, incluant non seulement l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech mais aussi la création de services de Réseau express régional (RER) pour les métropoles de Casablanca, Rabat et Marrakech. Il a également concerné des projets autoroutiers pilotés par ADM, comme l’autoroute continentale Rabat-Casablanca et l’achèvement de l’autoroute Tit Mellil-Berrechid. Enfin, dans le secteur aérien, l’action a porté sur le financement des programmes de développement des capacités aéroportuaires de l’ONDA. L’action de l’Agence s’est par ailleurs étendue à des opérations de valorisation du patrimoine et de renforcement des fonds propres pour le groupe Barid Al Maghrib et sa filiale Al Barid Bank.
Repositionnement stratégique
Pour plusieurs entités, des études de repositionnement stratégique ont été menées en amont afin de clarifier leur futur modèle économique, leurs missions et leur périmètre d’intervention. Cette phase préparatoire est essentielle pour garantir que chaque transformation soit un acte intégré à une vision globale, et non une simple opération technique. Tout au long du processus, une concertation étroite avec l’ensemble des parties prenantes gouvernementales assure la cohérence et la sécurisation juridique de la transformation. «L’année 2025 a été marquée par une accélération décisive de ce chantier, avec pour objectif le respect du délai légal d’achèvement des transformations réalisables d’ici juillet 2026.
La première concrétisation législative de cette ambition concerne l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), dont le projet de loi de transformation a été adopté en Conseil de gouvernement le 26 juin 2025. Ce projet renforce les prérogatives de l’Office en matière de recherche minière, centralise la mission de promotion des richesses du sous-sol national et lui confie, à titre transitoire, de nouvelles missions liées au stockage et au transport du gaz naturel», annoncent les responsables. Et de poursuivre: «L’année 2025 a également connu, en date du 11 décembre, l’adoption en Conseil de gouvernement du projet de loi de transformation de l’Agence nationale des ports (ANP) en société anonyme. Parallèlement, les projets de loi de transformation pour d’autres établissements clés, tels que l’ONDA et l’OMPIC, ont été finalisés et sont désormais engagés dans le circuit d’adoption au niveau du Secrétariat général du gouvernement».
Label marocain
**Gouvernance : ** L’Agence a mis en place en 2025 le premier label marocain dédié à la gouvernance des EEP, baptisé GUIDE© (Governance Upgrading Initiative for Development and Excellence). Ce label vise à valoriser l’excellence des pratiques de gouvernance en se référant à la Charte de gouvernance de l’ANGSPE, publiée le 20 mai 2025. Cette charte est basée elle-même sur le nouveau code des bonnes pratiques de gouvernance des EEP, dont le décret d’approbation a été publié le 28 avril 2025, et qui constitue une vision renouvelée de la gouvernance des EEP.
**Deux lois ont été promulguées pour améliorer la performance des EEP, à savoir la loi-cadre relative à la réforme des établissements et entreprises publics et la loi portant création de l’ANGSPE. **
Sur le plan de la transparence financière, le chantier de la consolidation des comptes de l’État actionnaire selon les normes IFRS a été mené avec succès. Ce projet d’envergure, inscrit au cœur des missions de l’Agence, permet de doter l’État actionnaire d’une vision financière claire et crédible de son portefeuille, en conformité avec les meilleurs standards internationaux. Le choix du référentiel IFRS a été stratégique, permettant une meilleure restitution des performances économiques et une crédibilité renforcée auprès des partenaires.
Pilotage stratégique
Performance
Le chantier de mise en place d’un dispositif intégré de pilotage de la performance a été déployé. Lancé en septembre 2024, ce projet vise à doter l’État actionnaire d’une architecture de pilotage globale, harmonisée et alignée sur les meilleures pratiques.
Impact
S’appuyant sur un diagnostic approfondi de la maturité des pratiques des EEP et sur une démarche de co-construction, l’Agence a conçu une architecture cible multidimensionnelle. Celle-ci combinera l’évaluation financière et opérationnelle, l’analyse de la maîtrise des risques, ainsi que la mesure de l’impact économique et social.
Plateforme numérique
Le déploiement opérationnel de ce dispositif, amorcé en août 2025, sera soutenu et pérennisé par le développement d’une plateforme numérique intégrée à l’horizon 2026. Cet outil décisionnel est destiné à renforcer le dialogue de gestion et à instaurer une véritable culture de la performance, fondée sur la donnée, au sein du portefeuille de l’Agence.
Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp
Follow the story
About this article
- Length
- 1,372 words · 7 min read
- Published
- October 23, 2026
- Byline
- Mohamed Badrane
- Source
- Aujourd'hui