Des promesses et des paris
AI summary
En période de campagne électorale, l’essentiel de l’activité des partis consiste naturellement à présenter les programmes, les expliquer, en défendre le bien-fondé et surtout convaincre les électeurs de leur réalisme et de leur applicabilité.
Et c’est précisément là que les différences commencent à apparaître.
Un programme n’est pas une simple addition de mesures, encore moins un catalogue d’ambitions dans lequel il suffirait d’aligner les milliards pour impressionner. Il doit avoir un fil conducteur, une cohérence et surtout reposer sur des hypothèses suffisamment solides pour que les engagements annoncés puissent réellement être tenus.
Le chiffrage est, à ce titre, un excellent révélateur.
Expliquer aux électeurs combien coûteront les mesures promises est évidemment une bonne chose. Mais encore faut-il que les ressources censées les financer soient, elles aussi, évaluées sur des bases réalistes.
Promettre, par exemple, quelque 350 milliards DH de mesures sur cinq ans et prévoir d’en financer près de 300 milliards grâce aux recettes supplémentaires que générerait une croissance de 5% revient à faire dépendre l’essentiel du programme d’une hypothèse qui reste à réaliser.
Car la croissance n’est pas une ligne budgétaire que l’on décrète. Elle dépend de l’investissement, de la consommation, des exportations, mais également de facteurs que personne ne maîtrise totalement : conjoncture mondiale, prix des matières premières, climat, tensions géopolitiques ou encore évolution des principaux partenaires économiques du Maroc.
Mais alors une question toute simple mérite d’être posée : que deviennent les engagements pris aujourd’hui devant les électeurs si la croissance attendue n’est finalement pas au rendez-vous ? Quels projets seront maintenus ? Lesquels seront reportés ? Et où seront trouvés les financements manquants ?
Ce n’est là qu’un exemple, mais il illustre assez bien ce qui devrait être l’un des critères de lecture des programmes durant cette campagne.
La crédibilité ne se mesure pas au nombre de milliards promis.
Et convaincre les électeurs n’est certainement pas une course au programme le plus généreux sur le papier. Encore faut-il pouvoir le financer une fois les urnes rangées.
Follow the story
About this article
- Length
- 330 words · 2 min read
- Published
- September 17, 2026
- Byline
- Saâd Benmansour
- Source
- Aujourd'hui