Tendant la main au Front Polisario : Washington achève les illusions marocaines
La diplomatie américaine s’active de plus en plus autour du dossier du Sahara occidental. Dans un geste hautement symbolique, le représentant permanent des États-Unis auprès des Nations unies, l’ambassadeur Mike Waltz, s’est entretenu, ce mercredi, avec une haute délégation du Front Polisario au siège de l’organisation internationale.
À l’issue de cette entrevue, le diplomate américain a livré un message fort sur ses réseaux officiels, insistant sur le fait que les réfugiés sahraouis, parqués dans les camps de Tindouf depuis un demi-siècle, « ont attendu 50 ans » et « méritent de véritables alternatives, et non une décennie supplémentaire d’attente ». M. Waltz a également rappelé que la base d’un règlement pacifique et définitif est d’ores et déjà « sur la table », signifiant que le conflit n’est en aucun cas réglé comme le prétend le makhzen.
La délégation du Front Polisario reçue à New York était composée de figures de premier plan de la cause sahraouie, parmi lesquelles Mohamed Salem Salek, conseiller du président de la République chargé des affaires diplomatiques, Mohamed Yislam Beisat, ministre des Affaires étrangères, ainsi que Sidi Mohamed Omar, représentant permanent du Front auprès de l’ONU et coordinateur attitré avec la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).
Cette rencontre intervenue au cœur de l’appareil onusien s’inscrit dans un calendrier diplomatique particulièrement agité, marqué par de récentes sorties de hauts responsables de l’administration américaine concernant l’impasse politique régionale. La posture de Waltz fait écho aux récentes déclarations de Massad Boulos, conseiller spécial de la présidence américaine pour les affaires arabes et africaines. S’exprimant dans le cadre d’un entretien médiatique international, M. Boulos a jeté un pavé dans la mare en affirmant qu’il n’existait pas de solution « imminente, concrète et palpable » à court terme, tout en reconnaissant les difficultés inhérentes à toute tentative d’imposer unilatéralement le plan d’autonomie marocain.
Le conseiller américain a également tenu à écarter l’idée selon laquelle l’Algérie constituerait un « obstacle » ou un blocage aux efforts de paix, qualifiant au contraire Alger de « très bon partenaire » des États-Unis et saluant son rôle constructif de pays facilitateur dans la région. Selon M. Boulos, l’Algérie ne saurait être tenue pour responsable d’une solution unilatérale, d’autant plus que la décision finale et l’expression de la volonté politique reviennent en premier lieu aux Sahraouis eux-mêmes à travers leurs instances représentatives.
Ces prises de position combinées de Mike Waltz et de Massad Boulos soulignent un réajustement subtil mais palpable de la lecture américaine. En insistant sur la l’importance d’offrir de véritables options aux populations des camps de réfugiés tout en maintenant le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes, Washington semble vouloir redynamiser un processus de paix enlisé depuis des décennies, loin des seules visions unilatérales et des promesses de victoires diplomatiques instantanées. Le dossier sahraoui confirme ainsi qu’il demeure l’un des nœuds gordiens les plus complexes de la géopolitique nord-africaine, où chaque mot prononcé à l’ONU est scruté avec la plus grande attention.
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- 516 words · 3 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Nassim Mecheri
- Source
- Le Jeune Indépendant