
Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) poursuit la présentation des différents piliers de son « Pacte social », […] L’article Pacte social du PPA-CI : Habiba Touré plaide pour une République qui « n’oublie aucun Ivoirien » est apparu en premier sur Connectionivoirienne .
Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) poursuit la présentation des différents piliers de son « Pacte social », projet politique porté par Laurent Gbagbo et articulé autour de sept grands axes. Me Habiba Touré, porte-parole du parti et ambassadrice du pilier « Démocratie, Justice sociale et Services publics », a présenté la vision de sa formation politique en matière d’accès aux services essentiels. Le rôle qui lui a été confié dans le Pacte social avait été annoncé fin juin.
Dans son intervention, Habiba Touré a défendu une conception de la justice sociale fondée sur l’égalité réelle entre les citoyens, quels que soient leur lieu de résidence, leurs revenus ou leur origine sociale. Pour le PPA-CI, la croissance économique et les investissements dans les infrastructures ne peuvent constituer une fin en soi s’ils ne se traduisent pas par une amélioration concrète des conditions de vie de la population.
« La justice sociale, c’est la République lorsqu’elle entre dans la vie quotidienne des gens », a-t-elle déclaré, avant de passer en revue plusieurs secteurs : l’éducation, la santé, le logement, l’eau, l’électricité, l’état civil et la justice.
Sur l’éducation, la porte-parole du PPA-CI a pointé les difficultés persistantes du système public. Citant notamment des données officielles et celles de l’UNICEF, elle a évoqué quelque 2,07 millions d’enfants hors du système scolaire ainsi que la forte présence du privé dans l’enseignement secondaire. Selon les chiffres présentés, 64 % des élèves du secondaire sont aujourd’hui scolarisés dans le privé et 77 % des établissements secondaires sont privés.
Le parti estime que l’obligation scolaire ne peut être pleinement effective que si l’État dispose des capacités nécessaires pour accueillir tous les enfants et leur offrir des conditions d’apprentissage convenables.
Même critique concernant la Couverture maladie universelle (CMU). Habiba Touré a précisé que son parti ne contestait pas le principe d’une assurance maladie destinée à l’ensemble de la population. Il s’interroge plutôt sur son efficacité concrète.
Pour le PPA-CI, le succès de la CMU ne devrait pas être mesuré uniquement au nombre de personnes enrôlées ou de cartes distribuées, mais au nombre de patients effectivement soignés. « Derrière la carte, il faut un médecin. Derrière la carte, il faut des médicaments. Derrière la carte, il faut un plateau technique », a insisté Habiba Touré.
Elle a également mis en avant les disparités régionales en matière d’accès aux médecins et de mortalité maternelle, estimant que le lieu de résidence ne devrait pas déterminer les chances d’un citoyen d’être correctement soigné.
Le logement constitue un autre axe majeur de l’intervention. Revenant sur les opérations de déguerpissement menées ces dernières années dans plusieurs quartiers d’Abidjan, Habiba Touré a estimé que la modernisation des villes ne devait pas se faire au détriment des populations les plus vulnérables.
Le principe défendu par le Pacte social est clair : « Pas de déguerpissement sans solution digne de relogement. » Pour le PPA-CI, « on ne combat pas la pauvreté en cassant la maison du pauvre ».
Le discours a également abordé l’accès à l’eau et à l’électricité. Sur la question de l’eau potable, Habiba Touré a particulièrement insisté sur les conséquences de l’orpaillage clandestin et de l’utilisation de produits toxiques sur les cours d’eau ivoiriens.
Reprenant une alerte de la SODECI, elle a estimé que la pollution des rivières ne constituait plus seulement un problème environnemental, mais également une menace pour la santé publique et la continuité du service d’eau potable. Elle a notamment évoqué la situation d’Agboville, où la qualité de l’eau est devenue une préoccupation majeure.
Habiba Touré s’est enfin attardée sur l’accès à l’état civil et à la justice. Selon les données citées dans son discours, environ deux millions d’enfants ivoiriens ne disposeraient pas d’un acte de naissance. Une situation susceptible d’entraîner, selon elle, une succession de difficultés pour la scolarisation, l’obtention de documents administratifs et, plus tard, l’exercice de la citoyenneté.
Sur le plan judiciaire, la porte-parole du PPA-CI a plaidé pour une justice accessible, indépendante et identique pour tous, tout en dénonçant la surpopulation carcérale et les détentions préventives de longue durée. Elle a également estimé que « la prison ne doit jamais être la réponse au désaccord politique ».
Au terme de son intervention, Habiba Touré a résumé le diagnostic du PPA-CI : le problème ne résiderait pas seulement dans le niveau des ressources disponibles, mais dans la manière dont les priorités publiques sont définies et les richesses redistribuées.
Le Pacte social entend ainsi promouvoir une école publique capable d’accueillir tous les enfants, une CMU débouchant sur des soins effectifs, un accès réel à l’eau et à l’électricité, une politique de logement protégeant les plus vulnérables ainsi qu’une justice indépendante et égale pour tous.
« Eux pourront compter les ponts à Abidjan. Nous, nous compterons les vies améliorées », a conclu Me Habiba Touré, résumant l’orientation que le PPA-CI entend donner à ce volet de son Pacte social.
Follow the story