
Abuja veut des comptes. Le Nigeria annonce qu’il exigera une compensation de l’Afrique du Sud après la fuite forcée de ses citoyens lors des récentes manifestations anti-migrants.
**Un dossier porté « au plus haut niveau » **
Kimiebi Imomotimi Ebienfa, porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, a déclaré à la BBC que la question sera discutée directement entre les deux gouvernements.
Alexander Ajayi, haut-commissaire par intérim du Nigeria en Afrique du Sud, confirme : le recensement des commerces, véhicules et maisons abandonnés est déjà en cours. Il concerne les Nigérians rapatriés et ceux en attente.
** Plus de 600 rapatriés, des biens laissés derrière **
Selon Abuja, plus de 600 Nigérians ont été évacués par avion ces dernières semaines. Beaucoup d’autres attendent encore.
Oghodero Erejor Wilson, commerçant au Gauteng, a abandonné son commerce de vêtements et son domicile :
« Je perdais tout à cause de la peur » confie-t-il à la BBC.
** Divergence entre Pretoria et Abuja **
L’Afrique du Sud soutient que les rapatriés étaient en situation irrégulière. Le Nigeria rétorque que plusieurs de ses citoyens fuyaient les menaces et violences liées aux marches anti-étrangers.
** Un ultimatum à l’origine des tensions**
Les manifestations ont pris de l’ampleur après un ultimatum de groupes anti-migrants : les étrangers sans papiers devaient quitter le pays avant le 30 juin.
La police sud-africaine fait état de plus de 900 arrestations pour immigration illégale, pillages et violences publiques, tout en affirmant que la majorité des marches sont restées pacifiques.
**Enjeu **
Ce bras de fer diplomatique va mettre à l’épreuve les relations entre les deux poids lourds économiques du continent.