
Le président de l'Assemblée nationale et leader de Pastef, Ousmane Sonko, a réagi à l'accord de principe annoncé mardi entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal sur un prêt de 2,2 milliards de dollars. Dans une prise de position publiée le jour même, l'ancien Premier ministre appelle le gouvernement à la « transparence absolue » sur le contenu exact des engagements pris par Dakar. Ousmane Sonko dit avoir suivi « les annonces, tour à tour, du FMI et du gouvernement du Sénégal sur un accord technique, qui ne sera définitif qu'après approbation, plus tard, par le conseil d'administration du Fonds ». Mais pour lui, cette communication reste insuffisante : « le langage diplomatique tenu de part et d'autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d'accord, ni sur les engagements du Sénégal, tels qu'ils ressortent du communiqué du FMI », écrit-il. Le président de l'Assemblée nationale énumère plusieurs points qu'il juge non éclaircis à ce stade : « Quels sont les engagements du Sénégal sur le "traitement de sa dette" ? », s'interroge-t-il, avant de poursuivre : « Quelles sont les principales réformes prévues (viabilité des finances publiques, protection des ménages vulnérables, mobilisation des ressources intérieures, rationalisation des dépenses, filets de protection sociale, supervision des entreprises publiques, environnement des affaires…) ? ». Il ajoute une troisième interrogation : « Quid des audits internationaux de la dette qui étaient exigés ? ». Pour Ousmane Sonko, ces questions ne sont pas de simples détails techniques : « Autant d'engagements qui interpellent tous les Sénégalais, au nom desquels ils sont pris et qui en supporteront seuls le poids actuel et futur », affirme-t-il. Se prévalant de son expérience directe dans le dossier, Ousmane Sonko affirme : « Pour avoir participé pendant de longs mois à ces discussions et en connaître certaines orientations qui ne reproduisent que les erreurs du passé, j'en appelle à la transparence absolue. » S'appuyant sur les procédures habituelles du
FMI
, il rappelle que ce type de négociation aboutit à « un projet de document, appelé mémorandum de politiques économiques et financières, validé par les deux parties ». Sur cette base, il formule une double demande au gouvernement : « de publier ce mémorandum pour une information correcte et pour qu'un débat sain soit ouvert sur les engagements du Sénégal » et, « à défaut, de le transmettre à l'Assemblée nationale, représentation populaire ». Ousmane Sonko relève que, quoi qu'il arrive, ces engagements ne resteront pas dans l'ombre : « les grandes orientations de ces engagements seront contenues dans une éventuelle loi de finances rectificative (LFR) ou dans le projet de loi de finances pour l'année 2027 qui sera soumis à l'Assemblée nationale au mois d'octobre 2026 », précise-t-il. Il conclut sur une note ferme : « Et le débat aura lieu ! ».
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